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#Investissements — 29.05.2018

Le marché des green bonds

Thierry Trigo

"Un green bond (obligation « verte », en français) est une obligation classique mais qui apporte une forte transparence aux investisseurs à plusieurs niveaux "

“Avec l’entrée en vigueur de la loi française de 2015 relative à la transition énergétique pour une croissance verte, puis de la COP 21 en 2016 (194 pays signataires de l’accord), de nombreux investisseurs institutionnels ont pris conscience des problématiques de réchauffement climatique."

THIERRY TRIGO

Responsable Conseil Obligataire

Qu’est ce qu’un green bond ?
 

Un green bond (obligation « verte », en français) est une obligation classique mais qui apporte une forte transparence aux investisseurs à plusieurs niveaux :
 

  • Les fonds levés seront exclusivement orientés vers le financement de projets ou activités précis (et non servir à refinancer la dette globale de l’émetteur).
  • Ces projets ou activités devront avoir été prouvés comme bénéfiques d’un point de vue environnemental et/ou social.
  • L’émetteur s’engage à démontrer la traçabilité des fonds et les bénéfices environnementaux en publiant un reporting annuel tout au long de la vie de l’obligation ou des projets.

Son fonctionnement (paiement des coupons, etc…) reste le même que celui d’une obligation classique.

Quelle est la part de social bonds (obligations à impact social) ?
 

Elle est encore minoritaire mais en expansion. Ces obligations font partie du marché des green bonds.

Pourquoi émettre un green bond ?
 

Pour répondre à une demande croissante des investisseurs responsables qui souhaitent identifier précisément l’impact environnemental de leurs investissements.

Pourquoi un tel développement de la demande ?
 

Avec l’entrée en vigueur de la loi française de 2015 relative à la transition énergétique pour une croissance verte, puis de la COP 21 en 2016 (194 pays signataires de l’accord), de nombreux investisseurs institutionnels ont pris conscience des problématiques de réchauffement climatique. Une finance « verte », plus responsable, s’est alors développée. Des fonds green bonds sont ensuite apparus permettant également aux investisseurs particuliers de donner un impact environnemental à leurs investissements en obligations.

Est-ce que tous les green bonds émis sont bien des green bonds ?
 

Dans un contexte d’engouement pour l’amélioration de l’environnement, chaque entreprise a progressivement communiqué sur la prise en compte des enjeux environnementaux, sociaux et éthiques dans ses activités (responsabilité sociétale des entreprises, ou RSE).

Mais sur le marché obligataire des green bonds, certains projets « verts » ont été financés sans que leur bénéfice environnemental ait été clairement démontré, ou bien les capitaux levés pour des motifs « verts » ont parfois servi à financer ou refinancer les activités classiques de l’émetteur. C’est ce qu’on a appelé le « green washing ».

Sur quelles bases analyser un green bond ?
 

Dans un souci de standardisation du marché, des lignes directrices ont été définies par l’ICMA (International Capital Market Association). Il s’agit des Green Bond Principles. Ils recommandent transparence, information et reporting de la part des émetteurs de green bonds. Ces critères portent sur 4 points :
 

  • Le processus d’éligibilité et d’évaluation des projets ou activités présentés comme green.
  • L’utilisation des fonds : respect de la répartition entre les projets définis.
  • La gestion des fonds : suivi de l’affectation progressive des capitaux levés vers les projets, au fur et à mesure des besoins d’investissements, gestion du cash, outils de traçabilité.
  • Le reporting : périodicité, granularité des informations fournies, indicateurs d’impact CO2, etc…

Des garanties supplémentaires peuvent être fournies par les éléments externes suivants :
 

  • Certification de l’émission par la CBI (Climate Bonds Initiative : organisme international indépendant).
  • Rating du caractère Green de l’émission par Moody’s et/ou S&P.
  • Analyse par des auditeurs indépendants : présence d’une « second opinion » (cabinets d’expertise Vigeo, Sustainalytics, etc…) voire d’une « third opinion » (ex: KPMG, Deloitte, etc…).

 

 

Est-ce qu’émettre un green bond coûte plus cher à l’émetteur ?
 

Oui, en raison des nombreuses analyses et expertises à mettre en œuvre pour sélectionner les projets et mesurer leur impact sur l’environnement (facturation d’experts externes en amont et tout au long de la vie de l’obligation pour établir le reporting).

Quel est l’historique de ce marché ?
 

La première émission de green bond a été effectuée en 2007 par la BEI. Puis le marché a commencé à croître en 2014, avec l’émission des corporates green bonds. Mais c’est surtout en 2017 que les émissions de green bonds ont été massives, représentant 141,7 Mds d’équivalent USD, soit 40% du marché des green bonds à fin février 2018.

Cette avalanche d’émissions a probablement été encouragée par les niveaux de financement très accommodants en Euro (principale devise d’émission).

Quelle est la taille de ce marché ?
 

  • A fin février 2018, les obligations vertes représentaient 350,3 Mds d’équivalent USD.
  • En ne considérant que la partie liquide de ce marché (émissions d’au moins 200M d’équivalent USD) on arrive à une taille de marché de 240,7 Mds d’équivalent USD.
  • Pour information, le marché obligataire global représente 65 000 Mds d’équivalent USD.

Quels sont les principaux types d’émetteurs ?

 

  • 48% des émetteurs sont des Etats où des organismes supranationaux.
  • 29% sont des entreprises.

Quelle est la répartition des émetteurs par rating ?

 

Les rating allant de AAA à A- représentent 77% du marché.

Quelle est la répartition des émetteurs par pays ?
 

Les émetteurs français (18%) et supranationaux (15%) sont majoritaires.

Quelle est votre conclusion ?

Le marché des green bonds est un marché jeune, en croissance rapide. Mais il n’est pas encore homogène (notamment pour comparer les gains en CO2 des différents projets) et il y a encore 7% des green bonds qui n’ont pas publié de reporting. De même, seulement 83% des émissions bénéficient d’une « second opinion » (et 75% d’une « third opinion »). Enfin, on aimerait voir plus d’émetteurs de secteurs réellement polluants (aciéries, mines, etc…), d’Etats (6% seulement des émetteurs sont des Etats) et des émetteurs originaires des USA, de Chine ou du Royaume Uni, encore assez faiblement représentés .