Technologie : connecter les communautés
#Entrepreneurs — 14.02.2017

Technologie : connecter les communautés

Laetitia Gazel Anthoine, PDG de Connecthings

« Voir grand » c’est là l’un des piliers qui a soutenu la croissance rapide de Connecthings, fondée par l’entrepreneur du numérique Laetitia Gazel Anthoine. Moins de dix ans après son lancement, la start-up opère dans plus de 60 villes du monde et s’apprête à poursuivre son expansion.

Laetitia Gazel Anthoine a lancé la start-up technologique Connecthings en 2007, afin de connecter le monde réel au monde numérique.

Présente dans plus d'une soixantaine de villes en Europe et en Amérique latine, Connectings déploie à partir d'objets urbains, tels les éclairages publics, des réseaux de balises (Bluetooth Low Energy, NFC, QR code, wifi) qui envoient aux smartphones des informations en temps réel relatives par exemple à l'état du trafic dans les transports en commun.

Portée par son succès, l'entreprise a connu une expansion rapide et a levé l'année dernière près de 10 millions de dollars auprès d'investisseurs afin d’accompagner son développement commercial sur le marché nord-américain.

Laetitia Gazel Anthoine, qui prévoit de nouvelles levées de fonds en 2017 et envisage de s'implanter en Asie en 2018, expose sa philosophie entrepreneuriale et livre ses conseils aux jeunes créateurs d'entreprises.

Connecthings est-elle la première entreprise que vous ayez créée ?

L.G.A. Connecthings est en effet ma première entreprise bâtie sur ce type de projet, où nous vendons un produit, et non du conseil.

N’était-ce pas prendre un gros risque que de se lancer seule dans cette aventure ? Quelles sont les principales difficultés que vous avez rencontrées ?

L.G.A. Je ne voyais pas cela comme un risque. S’implanter sur un nouveau continent est en revanche une aventure complexe. Percer en Amérique du Nord et en Amérique du Sud est un immense défi – surtout en Amérique du Nord, car c’est un marché totalement différent. La levée de fonds est également un processus délicat et très prenant. Une autre difficulté consiste à gérer la croissance de l’entreprise au niveau organisationnel : lorsque l’on se développe rapidement, il faut absolument mettre en place une organisation efficace.

Prévoyez-vous de faire entrer votre société en bourse ? Quelles sont vos perspectives d'expansion ?

L.G.A. En 2017, nous effectuerons une nouvelle levée de fonds pour accélérer notre déploiement en Amérique du Nord. Tout au long de cette année, nous concentrerons essentiellement nos efforts sur le continent américain. En Europe, notre processus d'expansion se poursuit. Nous attendrons probablement 2018 pour nous implanter en Asie.

Vous imaginez-vous lancer une nouvelle entreprise dans les cinq ans à venir ?

L.G.A. J'interviens à titre bénévole dans les activités de la Women Initiative Foundation (WIF), à laquelle je consacre du temps, mais il me serait impossible de gérer de front deux entreprises. Connecthings m'accapare déjà plus qu'à plein temps. Mais après Connecthings, oui, je lancerais certainement une autre société.

Qui ont été vos mentors, et en quoi vous ont-ils aidée ?

L.G.A. J'ai bénéficié de l’accompagnement d'un mentor pendant un an, par l'intermédiaire de la Women Mentoring Business Initiative (WMBI). C'était un vice-président d'Orange. Sans être lui-même entrepreneur, il s'agit de quelqu'un qui occupe de hautes responsabilités dans un grand groupe et ses compétences m'ont été précieuses pour organiser la levée de fonds, mais également constituer l'équipe, et préparer notre expansion à l'international. Pendant cette période de mentorat, nous passions une heure par semaine ensemble et il m'a aidée à développer plus vite mon activité. C'était une expérience très constructive.

Quel est le conseil le plus important que vous donneriez à un aspirant entrepreneur ?

L.G.A. Le secret, c'est de voir grand. Très grand. Très très grand. Si l'on voit petit, on ne réalise que de petites choses. Si l'on voit grand, on réalise de grandes choses. Voir grand permet de résoudre de petits problèmes. Lorsqu'en revanche on voit petit, les petits problèmes prennent des proportions démesurées. Je dirais qu'il y a trois règles d’or : voir grand, être déterminé et rester focalisé sur son objectif. N'écoutez pas trop les gens qui vous disent qu'ils ne comprennent pas votre projet, qu'il est risqué, et ainsi de suite. Voyez grand et loin. Soyez déterminé.