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#Stratégie d'investissement — 03.12.2015

Les décisions de la BCE en deçà des attentes

Florent Bronès

Ces dernières semaines la BCE a préparé les marchés aux possibles prochaines étapes.

Les faits avant la réunion de la BCE

Ces dernières semaines la BCE a préparé les marchés aux possibles prochaines étapes. Elle semblait travailler sur 3 outils : (1) un taux de dépôt plus négatif (un euro plus faible et plus de pression sur les banques pour les prêts), (2) une augmentation de la durée du programme d’achat d’actifs et (3) une augmentation du volume d’achat mensuel (plus de monnaie en circulation pour pousser les attentes d’inflation à la hausse).La plupart des acteurs du marché s’attendaient à une décision sur chacun de ces outils.


La politique annoncée aujourd’hui


La BCE a diminué son taux de dépôt de 10bp, qui est maintenant à -0,30%. Le taux de refinancement a été maintenu à 5bp, et le taux de prêt marginal reste à 30bp. La diminution du taux de dépôt a été moins forte qu’attendue par les marchés, ce qui suggère que la BCE préfère une approche graduelle. Durant la session de questions/réponses qui a suivi cette décision, Monsieur Draghi a annoncé que la BCE prolongera son programme d’achat d’actifs jusqu’à « au moins mars 2017 » et qu’elle utilisera un éventail d’actifs plus large. Le montant mensuel est cependant resté inchangé, de 60 milliards d’euros, ce qui a déçu les marchés. La mise en place d’autres mesures dépendra de l’évolution des attentes d’inflation à long terme. Ces attentes sont mesurées grâce à des actifs financiers tels que les taux d’inflation « breakeven », qui sont implicites aux obligations indexées sur l’inflation.


Les réactions du marché


L’euro était au centre de l’attention comme indicateur du sentiment du marché. La devise a fortement augmenté face au dollar, surtout au cours de la séance de questions/réponses. La valeur d’un euro a presque atteint 1,09, mais s’est stabilisé autour de 1,08 (elle était à 1,055 avant l’annonce). Comme mentionné précédemment, la déception du marché est probablement venue du fait que le volume mensuel d’achat n’a pas été augmenté, limitant ainsi le montant total du QE contrairement aux attentes du marché. D’autres actifs ont aussi réagis, avec notamment une correction d’une partie des marchés actions européens, perdant autour de -3% en milieu d’après-midi. Les taux de rendement du Bund allemand ont augmentés de 10bp jusqu’à atteindre 0,58%.

Nous pensons que cette réaction sera temporaire une fois que les marchés se rendront compte que les attentes étaient probablement trop fortes et que la BCE reste prête à faire ce qui est nécessaire pour stabiliser l’inflation et les attentes d’inflation. L’inflation devrait graduellement se renforcer, supportée par la stabilisation des prix du pétrole. Des indicateurs économiques récents suggèrent que la zone euro est en voie de rétablissement à large échelle. Cela devrait donc aider l’amélioration de la croissance des salaires et donc l’inflation.