L’inflation constitue le principal risque macroéconomique lié aux frappes en Iran. Les sources de pression et les vulnérabilités qui en découlent varient fortement selon les régions. Avant ces événements, la dynamique inflationniste mondiale était orientée à la baisse — à l’exception notable des États‑Unis. Les effets des droits de douane commençaient certes à apparaître plus nettement, mais leur impact global sur les prix était resté inférieur aux craintes initiales. La hausse des tarifs douaniers s’est traduite par une réaction inflationniste différée, de nombreuses entreprises ayant hésité à répercuter immédiatement l’augmentation de leurs coûts sur les consommateurs. Aux États‑Unis, l’inflation a nettement reflué depuis son pic de 2022, mais demeure durablement au‑dessus de 3 %. Les principales fragilités tiennent aujourd’hui à la dépendance énergétique. Washington dispose à cet égard d’un avantage structurel : le pays est exportateur net d’énergie et ne fait face à aucune contrainte à l’exportation. À l’inverse, la zone euro et la plupart des économies asiatiques apparaissent bien plus exposées. Leur production énergétique domestique est limitée et plusieurs d’entre elles importent pétrole et gaz du Moyen‑Orient, en transit notamment par le détroit d’Ormuz.
Dès lors, deux questions majeures se posent : quelle est la probabilité d’une hausse durable de l’inflation, et quelles en seraient les conséquences sur l’activité économique globale ?