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#Investissements — 30.06.2016

La gestion par objectif ou quand la fin détermine les moyens !

Sophie de La Chapelle

Une approche segmentée de l’allocation d’actifs qui permet aux investisseurs privés de répondre à chacun de leurs objectifs…

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L’allocation traditionnelle d’actifs optimise la structure d’un portefeuille selon une approche globale. En ce sens, si elle répond généralement bien aux besoins des investisseurs institutionnels, elle n’est en revanche pas forcément adaptée à un investisseur privé qui, lui, aura tendance à segmenter ses comptes et à constituer différentes poches correspondant à différents besoins.

De la même façon, les investisseurs institutionnels mesurent généralement le risque par la volatilité (valeur statistique qui mesure l’écart-type des rentabilités observées) ou des indicateurs plus sophistiqués tels que la Value at Risk ou la Value at Risk conditionnelle ou encore la perte potentielle maximale…. Or, pour un particulier, ces mesures sont-elles vraiment pertinentes? Ne pourrait-on pas, plus intuitivement et plus simplement, définir le risque comme la probabilité de ne pas atteindre un objectif qu’il ou elle s’est fixé ? Certes la volatilité est évidemment un indicateur très utile pour refléter le risque d’un portefeuille, mais elle ne décrit en rien si oui ou non les objectifs sont atteints.

Intéressons-nous à des exemples concrets : une caisse de retraite construit son portefeuille d’actifs global dans l’objectif d’honorer ses engagements vis-à-vis des retraités, un objectif unique donc. A contrario, l’investisseur privé peut cibler plusieurs objectifs et sur différentes périodes de temps, au-delà de la seule motivation de maximation de la valeur de son patrimoine à terme.

Par exemple, ses objectifs pourront être les suivants : préserver son train de vie (dans le cadre de la préparation de sa retraite ou, pour un entrepreneur, de la vente de son bien professionnel), acheter un bien immobilier, financer l’éducation de ses enfants, transmettre une partie de son patrimoine, établir une fondation à but philanthropique, faire face à des besoins financiers non-anticipés, … Et chacun de ces objectifs constituera en soi une poche spécifique.

Ainsi, à chaque objectif sera associé un montant, une échéance, un degré de risque et un ordre prioritaire :
 

  • par exemple, aux yeux d’un particulier, la préservation du train de vie aura généralement davantage d’importance que l’achat d’un bien immobilier, qui en aura lui-même davantage qu’un objectif de transmission…, ces 3 objectifs n’étant pas mutuellement exclusifs ;

  • en conséquence, pour 1 000 euros de patrimoine, l’investisseur pourra décider d’en allouer 500 à son niveau de vie, 300 à l’achat d’un bien immobilier et finalement 200 à des fins de transmission.

Une fois cette répartition par poche actée, viendra alors l’étape de la construction de l’allocation la plus pertinente pour chacune d’elles.

Pour celle dont l’objectif est la « préservation du train de vie », objectif généralement positionné en priorité numéro 1, on s’orientera vers une allocation qui inclut des actifs très peu risqués (au travers d’une assurance-vie par exemple). Et c’est ainsi que l’on générera, selon la fiscalité la plus appropriée, le revenu annuel nécessaire au train de vie soit grâce au rendement récurrent du portefeuille, soit en distribuant régulièrement une partie du capital, jusqu’à extinction du portefeuille.

Pour chacune des 2 autres poches renvoyant respectivement aux objectifs « projet immobilier » et « transmission », l’allocation optimale pertinente sera bien sûr spécifique et différente de la précédente, incluant des actifs plus ou moins risqués, plus ou moins sensibles à certains facteurs économiques, plus ou moins liquides, … en proportions plus ou moins grandes.

Grâce à ces 3 poches, l’investisseur aura ainsi une vision claire et structurée de sa gestion patrimoniale lui permettant un meilleur suivi de son patrimoine et une prise de décision éclairée.

C’est pourquoi, aujourd’hui, on constate que la gestion patrimoniale par objectif (développée par Statman (2000) puis par Brunel (2003)) connaît un intérêt grandissant car, au-delà d’une approche d’optimisation, elle prend en compte les problématiques particulières et variées de chaque investisseur, en les échelonnant dans le temps et en affectant à chacune un niveau de priorité et de risque. Sans compter qu’en structurant, de manière ordonnée, le processus d’investissement, elle permet également de davantage éviter des erreurs dues à des biais cognitifs ou des réactions émotionnelles, fréquentes chez les investisseurs privés…

En effet, il faut garder à l’esprit que les décisions prises par un particulier ne sont pas purement rationnelles. C’est ce qu’étudie la finance comportementale qui applique la psychologie à la finance et analyse les travers de comportements des investisseurs. Mais ceci fera bientôt l’objet d’un prochain article !