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#ISR — 06.11.2018

Impact social : conversation avec Ahu Serter

Fondatrice d’ARYA Women’s Investment Platform, une plateforme d’investissement à destination des femmes dont le siège est établi en Turquie.

Aryawomen.com

« J’ai eu le sentiment qu’il était important que je m’engage parce que je ne voyais pas beaucoup d’entreprises dirigées par des femmes autour de moi… Je voulais insuffler le changement. »

AHU SERTER

 

Quand on l’interroge sur les clés de sa réussite, Ahu Serter déclare tout simplement : « Disons que j’ai surfé sur certaines vagues macroéconomiques. » Entrepreneure en série établie en Turquie, à Boca Raton aux États-Unis, et au Portugal, elle explique que tout au long de sa carrière, elle n’a jamais eu peur de prendre la décision radicale de déménager pour saisir des opportunités économiques qui se présentaient à elle.

En 2002, elle a quitté son poste de gérante de hedge funds à New York pour devenir directrice financière de l’entreprise familiale, le Groupe Farplas. Dès sa prise de fonctions, Mme Serter était déterminée à adopter une nouvelle stratégie de croissance basée sur un concept ambitieux « faire ce que les autres ne font pas et être ouvert aux alliances ».

En l’espace d’une décennie, le Groupe Farplas est devenu le leader dans les secteurs de l’automobile, du tourisme et des appareils électroménagers en Turquie. Il a même intégré le classement des entreprises Fortune 500. « Nous avons multiplié notre taille par deux puis par 10 et, au fil du temps, notre chiffre affaires a connu la même progression, passant de 8 à 250 millions d’euros. »

« Pour moi, chaque échec offre la possibilité d’accomplir quelque chose d’encore plus grand, au même titre que le succès. En 2006, pendant deux ans, j’ai été écartée de la société mère suite à des désaccords stratégiques au sein de notre conseil de famille.

J’ai profité de ces deux années pour créer la célèbre marque d’hôtels/galeries d’art Casa dell’Arte qui a ouvert deux établissements à Bodrum et à Lisbonne puis j’ai été conviée à reprendre les rênes de la société une fois les tensions apaisées. »

Elle est maintenant un leader actif et une intervenante internationale spécialisée dans les questions d’innovation, de transport, de solutions de mobilité et d’entrepreneuriat féminin. « Les gens disent de moi que je m’éparpille à cause des nombreuses activités différentes que je mène » Mme Serter rit. Elle ajoute que sa principale source de motivation, en tant qu’entrepreneure en série, est son aversion pour les situations trop confortables : « Je n’aime pas le confort.

Je pense qu’il nuit à la réussite dans le monde des affaires. » C’est dans cet esprit que lorsqu’elle a eu 40 ans, Mme Serter a commencé à réfléchir à la manière dont elle pourrait utiliser sa réussite professionnelle pour avoir une influence plus grande sur la société.

« J’ai analysé mon propre parcours et je me suis dit : « et maintenant, quelle est la prochaine étape ? » Elle a alors compris que le véritable but de sa vie était de changer la vie des femmes. Elle était déterminée à y parvenir au sein d’une entreprise et non dans un contexte purement caritatif dans le sillage de sa philosophie personnelle, à savoir que « les femmes ne sont pas des personnes qu’il faut aider, [elles] doivent juste être mieux accompagnées. »

« Je me suis dit : « quels sont les domaines dans lesquels j’excelle et, à ce titre, que puis-je transmettre et enseigner à d’autres femmes ? Et la réponse a été : faire prospérer une entreprise et gagner de l’argent !  »

Peu de temps après, elle a donc créé ARYA Women’s Investment Platform, une plate-forme d’investissement à destination des femmes, auquelle elle a donné le prénom de la plus jeune de ses filles. « La naissance d’Arya a suscité chez moi le désir de laisser un héritage plus grand dont mes trois filles pourraient être fières tout au long de leur vie. »

Cette plate-forme permet d’investir dans des entreprises dont les propriétaires sont des femmes, d’aider leurs créatrices à accélérer leur croissance professionnelle et de leur donner confiance dans leur capacité à investir.

Mme Serter poursuit : « J’ai eu le sentiment qu’il était important que je m’engage parce que je ne voyais pas beaucoup d’entreprises dirigées par des femmes autour de moi. Beaucoup de femmes chefs d’entreprise ont réussi mais elles sont rares à donner de leur temps et à mettre à profit leur influence pour aider d’autres femmes à l’avenir prometteur à voler de leurs propres ailes. »

« Je voulais insuffler le vent du changement et offrir à des femmes chefs d’entreprise qui possèdent déjà la motivation et la volonté de réussir ce petit coup de pouce dont elles ont besoin pour réussir. »

Pour Mme Serter, son héritage entrepreneurial consiste en partie à partager ses valeurs et à aider la nouvelle génération à prendre confiance en ses capacités. « Comme je dispose de moyens plus importants, j’estime que je dois avoir une influence encore plus grande sur ceux qui m’entourent grâce à la réussite de mon entreprise.

Cela commence par mes filles. Que puis-je leur laisser ? Quelles valeurs puis-je leur inculquer ? Je pense également que j’ai une dette envers la société en général et ceux qui m’entourent. »

L’article ci-dessus est un extrait du BNP Paribas Global Entrepreneur Report 2018.

>> POUR DÉCOUVRIR D’AUTRES INTERVIEWS RÉALISÉES AVEC DES ENTREPRENEURS, TÉLÉCHARGEZ LE RAPPORT ENTREPRENEUR 2018 (EN ANGLAIS)

Source de l'image : www.aryawomen.com