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#Stratégie d'investissement — 05.06.2019

Une position neutre sur la Chine et positive sur l'Inde

Prashant BHAYANI & Grace TAM

BNP Paribas - China

Chine 

Nous avons réévalué notre position sur les actions chinoises de positive à neutre. Compte tenu de la recrudescence des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine, ainsi que de l'interdiction de Huawei par l'administration Trump, soulevant ainsi des craintes d'une guerre froide technologique, nous adoptons comme nouveau scénario de base à propos de ces tensions qu’aucun accord commercial ne sera signé avant la fin de l’année, impliquant une incertitude qui devrait perdurer jusque là. Si tel est bien le cas, la confiance des entreprises et les intentions d'investissement en pâtiraient. 

Du fait de la montée des tensions commerciales et des données économiques bien inférieures à ce qui était attendu en avril, après un fort rebond en mars, nous prévoyons que Pékin poursuivra ses mesures de relance ciblées, telles que davantage de réductions des réserves obligatoires et une accélération de la mise en œuvre des allègements fiscaux destinés à soutenir la consommation. 

Il est peu probable que la Chine réagisse en vendant des bons du Trésor américain de manière significative à court terme car cela diminuerait la valeur de ses réserves de change. Toutefois, la Chine va poursuivre la diversification de ses réserves de change. Il est également probable que la Chine laisse la dynamique du marché déterminer l'orientation du RMB, mais elle continuera à empêcher toute dépréciation désordonnée car cela entraînerait des sorties de capitaux.

Par ailleurs, la volatilité des marchés va certainement s’accroître à court terme. La dynamique des bénéfices, qui s'était récemment stabilisée, est à nouveau vulnérable en raison de l'impact négatif des frictions commerciales et de la dépréciation du RMB. Tenant compte du rebond des actions chinoises depuis le début de l'année (avec des hausses de 21 % pour le CSI 300 et de 4 % pour le MSCI China au 31 mai 2019) et de la hausse du risque commercial, nous adoptons une posture prudente d’un point de vue risque/rendement. 

 

Inde

Nous avons relevé la pondération des actions indiennes de neutre à positive. Le Premier ministre Narendra Modi se voit accorder un second mandat fort, lui permettant de rester cinq ans de plus en fonction. Le BJP de Modi a, en effet, obtenu de bien meilleurs résultats que prévu initialement, remportant 65 % des sièges à lui-seul, ce qui fait aujourd’hui de Modi le premier Premier ministre sortant à obtenir le plus de suffrages depuis 1957, supprimant ainsi l'incertitude politique qui impactait les afflux de capitaux nationaux et étrangers.  

Cette victoire donne au gouvernement Modi l'opportunité de pousser plus loin ses réformes économiques, telles que la prise de mesures en matière d’infrastructures (routes, chemins de fer, aéroports et métros), le doublement des revenus des agriculteurs ou encore la création de logements abordables. Jusqu'à aujourd’hui, en 2019, la reprise de l'investissement demeure inégale et la dynamique économique fléchit dans l'ensemble. Le double déficit de l'Inde et sa dépendance aux flux à court terme restent des points de vulnérabilité potentiels, bien que cela se soit amélioré au cours des dernières années.

Nous prévoyons que la politique de la Reserve Bank of India soutiendra un accroissement de la liquidité du système, y compris le shadow banking, car les tensions sur les marchés de crédit indiens, des banques aux sociétés financières non bancaires et gestionnaires d'actifs, ont commencé à affecter la croissance.  De plus, l'inflation globale reste bien inférieure à l'objectif de 4 % de la banque centrale, ce qui laisse de la marge pour des baisses de taux supplémentaires dans le cycle d'assouplissement monétaire actuel.

La présentation du budget de l'Union, qui devrait avoir lieu en juillet, sera au centre de l'intérêt des investisseurs. Le gouvernement de Modi pourrait considérablement améliorer leur sentiment en établissant un programme économique ambitieux, bien qu’aucune certitude ne pourra être apportée jusqu’à la présentation du budget dans plusieurs semaines.

Au cours des années à venir, il est probable que l’économie indienne connaisse la plus forte croissance de toutes les grandes économies dans le monde. Nos prévisions tablent, en effet, sur une croissance du PIB de l'Inde de 7,4 % et 7,6 % pour 2019 et 2020 respectivement, en hausse par rapport aux 7,0 % de l'année dernière. Si les cours du pétrole restent stables (nous prévoyons un maintien du Brent à 65-75 $), cela ne devrait pas impacter la croissance. En revanche, si les cours du pétrole s'envolent, cela pourrait entraîner une dépréciation de la roupie, une inflation plus importante qui exclurait toute possibilité de baisse des taux et pourrait également peser sur le double déficit, bien que cela ne constitue pas notre scénario de base pour le moment.   

Le marché se négocie à un PER prévisionnel proche de la limite haute de sa fourchette historique. Toutefois, il se négocie davantage à une valorisation moyenne sur la base d'un ratio cours/valeur comptable. Nous anticipons néanmoins une prime sur le multiple et une croissance des BPA de l'ordre de 23 % en 2019.

Comme nous l’avons remarqué l'année dernière et ce mois-ci, les actions indiennes ont tendance à surperformer au cours des périodes de tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine. Si ces tensions persistent, l'économie indienne, plutôt tirée par son marché intérieur, en sera moins affectée et les actions indiennes pourraient potentiellement surperformer par rapport au reste de la région.