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#Institutionnel — 09.10.2018

L'égalité femmes-hommes est-elle vraiment une question de genre ?

Par Sofia Merlo, Co-CEO / BNP Paribas Wealth Management

En novembre 2017, l'égalité entre les femmes et les hommes a été déclarée « grande cause nationale » en France par le Président Emmanuel Macron et la secrétaire d’État à l'Égalité femmes-hommes Marlène Schiappa. J'étais moi-même présente lors de cette annonce, et j’ai été réellement impressionnée par l'énergie, la détermination et le potentiel mobilisés autour de cette noble cause. Comme beaucoup de personnes dans l’assistance, j’ai voulu soutenir davantage cette initiative. C’est pourquoi je me suis sentie honorée lorsque le site français Mid&Plus, dirigé par Marie-Hélène Cossé, m’a proposé de participer à la rédaction d’un livre blanc destiné à inspirer les futures actions en faveur de l’égalité femmes-hommes.
 

Un enthousiasme qui s’est encore accru quand Marie-Hélène m’a annoncé le thème de ce livre blanc : « Demain avec les hommes : oser construire ensemble un monde juste. » Quel angle d’attaque passionnant ! Il ne fait aucun doute que l'égalité entre les sexes doit être un débat qui rassemble, et non un sujet qui divise.

Par expérience, je sais que le fait de collaborer avec des hommes sur des thématiques liées à l'égalité des sexes peut transformer radicalement l’ambiance de travail. Il n’est plus question de lutter, mais de construire. Il n’est plus question d’opposition ou de défense, mais de partage et de coopération. Et les hommes sont prêts à le faire : ainsi, j’ai eu le plaisir de constater que les contributeurs masculins à ce livre blanc étaient plus nombreux que les femmes. Un autre exemple est l’appel récemment lancé par le (formidable) réalisateur français Jacques Audiard afin de dénoncer la sous-représentation des femmes dans l’industrie cinématographique.

 

Naturellement, ma participation à ce livre blanc a été l’occasion de parler de la stratégie déployée au sein de BNP Paribas et de mon entité, BNP Paribas Wealth Management, pour promouvoir la diversité des sexes, que ce soit en interne, au niveau des équipes, ou en externe avec des initiatives de soutien des femmes entrepreneurs. J’espère que ces efforts pourront inspirer d’autres décideurs, même au-delà du secteur financier.

Mais la partie la plus intéressante de ce livre blanc est celle qui contient les témoignages des contributeurs, car les expériences des autres ont toujours beaucoup à nous apporter. Même s’il est difficile de résumer un contenu aussi riche, voici quelques exemples de visions et de recommandations que j’ai relevées.

        
        1. Éducation

 

C’est là où tout commence, qu’il s’agisse des enfants en bas-âge, des étudiants ou des entrepreneurs à leurs débuts : le livre blanc se consacre à ces trois catégories d’âge. Albert Louppe analyse à partir de quand les enfants construisent leur perception des différences hommes-femmes et combien il est important de tenir compte de la diversité des sexes dans les crèches et les structures d’accueil des enfants en bas-âge. Jean-Louis Audunc révèle que les filles ont de meilleurs taux de réussite pendant toutes leurs études et représentent 54,1 % des doctorants français. Il souligne également que l’orientation scolaire devient de plus en plus différentiée entre garçons et filles, et alerte quant au risque que certains secteurs soient considérés comme « naturellement destinés » aux femmes (comme ceux liés au relationnel et à la vie quotidienne) ou aux hommes (technique, informatique). Viviane de Beaufort propose un renforcement des programmes de mentorat et de coaching des femmes créatrices de start-ups afin de mettre un terme au sentiment d’imposture qu’elles peuvent éprouver, dans un secteur où les normes sont fondées sur des modèles masculins.

 

        2. Vie professionnelle

 

De fait, c’est dans l’environnement professionnel que les femmes sont le plus confrontées à la discrimination et aux stéréotypes. Et dans le même temps, les structures professionnelles, à but lucratif ou non, sont le meilleur endroit pour innover et encourager de nouvelles façons de faire ! Comme le rappelle Gonzague de Blignières, c’est à la fois une question de réglementation et d’exemplarité. Gonzague soumet des idées intéressantes dans le domaine du recrutement, par exemple en accordant la priorité aux candidatures féminines, en publiant des annonces avec des intitulés de poste mixtes ou en garantissant toujours la présence d’interlocuteurs des deux sexes pendant les entretiens d’embauche.

 

        3. Vie privée

 

C’est dans ce domaine que les points de vue sont les plus divers.

La psychiatre Fatma Bouvet de la Maisonneuve souligne la pression psychologique subie par les femmes dans le contexte de la grossesse et de la maternité. Le Dr Gilles Lazimi propose de nombreuses mesures visant à lutter contre les violences domestiques à travers la prévention et la protection sociale, mais également la recherche. Enfin, Armelle de Guibert, Déléguée générale des Petits Frères des Pauvres, insiste sur le fait que les femmes sont davantage touchées par la pauvreté, avec des pensions de retraite inférieures de 39 % à celles des hommes, et un taux de représentation de 70 % parmi les allocataires du minimum vieillesse.

 

        4. Vie civique

 

La sous-représentation et la discrimination des femmes sont présentes dans de nombreuses sphères de la vie publique, à des niveaux parfois insoupçonnables. Par exemple, j’ai été très intéressée par le point de vue du paysagiste Michael Hössler, qui montre que les espaces publics dans les pays occidentaux demeurent conçus et pensés en priorité pour les hommes, comme à l'époque où les femmes restaient confinées à l’intérieur des foyers. Une conséquence concrète de ce décalage est l'évolution inquiétante du harcèlement de rue.

 

Autrement dit : de nombreuses solutions peuvent être explorées dans les domaines de l'éducation, de la formation, du mentorat, de la sensibilisation, des politiques, de pratiques et d’engagements sains, etc. Pour être efficaces et transposées à différentes échelles, ces solutions devront impliquer toutes les couches de la société, qu’il s’agisse des familles, des entreprises, des responsables politiques et/ou des associations. Et encore une fois, l’aspiration à un monde plus juste ne peut être satisfaite que si les hommes et les femmes y travaillent ensemble !

 

Pour en savoir plus, consultez le livre blanc « Demain avec les hommes : oser construire ensemble un monde juste ».