Risque : quand l'entrepreneuriat rend accro
#Entrepreneurs — 30.01.2017

Risque : quand l'entrepreneuriat rend accro

La prise de risque joue un rôle capital dans le succès des entrepreneurs Elite. Mais ceux qui ont pris des risques à leurs débuts en prendront-ils systématiquement plus tard ?

Le parcours entrepreneurial de Dany Farha, Serialpreneur et capital-risqueur, a commencé il y a vingt ans et l'a vu s'aventurer dans un large éventail de secteurs, avec des gains financiers substantiels à la clé.

Actuellement directeur général de BECO Capital à Dubaï, Farha est un habitué des prises de risque. Il a cofondé Bayt.com, premier portail d'emploi du Moyen-Orient, avant de passer la main. Auparavant, il avait également lancé puis cédé Butlers, la première entreprise de blanchisserie professionnelle des Émirats arabes unis, ainsi qu'Intercat, un service de traiteur de premier plan.

« Mon profil de risque a-t-il changé ? J'aimerais vous dire que non, mais je pense que ce ne serait pas tout à fait honnête. Il a sans doute évolué au fil du temps parce que j'ai trois enfants et que les responsabilités se sont accumulées. J'ai aussi construit beaucoup de choses et il arrive un moment où l'on a envie de préserver l'acquis », confie Farha.

« Quand vous partez de zéro, ou presque, vous donnez tout dans la création de richesse parce que vous n'avez pas d'acquis à préserver. Quand vous commencez à construire quelque chose qui a du sens, vous entrez dans une nouvelle dynamique. »

Parmi les prises de participation de BECO figurent Propertyfinder.ae, devenu le premier portail immobilier des Émirats arabes unis, et Careem, un service de VTC rival d'Uber, présent à l'heure actuelle dans plus d'une quarantaine de villes d'Afrique et d'Asie. Farha est loins d'en avoir fini avec le frisson de l'entrepreneuriat.

 

Les deux visages du risque

« Je suis satisfait de prendre des risques, à la fois en termes financiers et de temps investi », confie-t-il. « Le temps constitue en effet un facteur essentiel. Il arrive que l'investissement en temps soit plus lourd que l'investissement financier. J'aime investir dans les deux, comme je l'ai fait chez BECO – j'ai donné tout mon temps et une bonne partie de mes ressources financières. »

Selon les conclusions du rapport « Entrepreneur BNP Paribas 2017 », la plupart des 2 650 entrepreneurs Elite interrogés privilégient cependant une approche plus prudente.

Ainsi, en moyenne, 15 % de leur patrimoine est investi dans leurs propres entreprises alors que 20 % le sont dans des sociétés extérieures – sous forme de capital-investissement ou d'investissements de business angels. Le reste se répartit entre liquidités, immobilier, actions, obligations et placements socialement responsables.

Une stratégie de diversification que Dany Farha n'a pour sa part pas choisie.

« Je ne diversifie pas – mon portefeuille est principalement orienté sur les technologies. C'est une préférence personnelle », ajoute-t-il. « À mesure que les gens s'enrichissent, ils surveillent davantage la répartition de leurs actifs – c'est le conseil que leur donnent leurs banquiers et analystes. »

« À mesure que les gens s'enrichissent, ils surveillent davantage la répartition de leurs actifs »

Dany Farha

Cofondateur et Directeur Général de BECO Capital

Chez l'entrepreneur, le risque a deux facettes : le risque nécessaire à la réussite de leur entreprise et le risque lié aux investissements externes. Si le goût pour ce dernier s'amenuise au fil du temps, difficile pour eux de jamais résister au premier.

Comme le résume la consultante Deborah Mills-Scofield dans les colonnes de la Harvard Business Review, « le plus grand risque, c'est de ne pas s'adonner à sa passion, ou de ne pas réaliser ses objectifs, d'avoir vécu une vie matérielle mais dépourvue de sens. »