#Stratégie d'investissement — 21.10.2019

La saga du Brexit se poursuit

Roger Keller



EN UN MOT :

Le Parlement du Royaume-Uni n’est pas entré en matière sur l’accord de divorce négocié entre Boris Johnson et l’Union européenne. Il a préféré reporter le vote.

Un Brexit avant la fin du mois reste néanmoins possible.

L’ensemble des réactions des hommes politiques et positionnements affichés depuis samedi entretient la perspective d’un nombre suffisant de voix pour obtenir une majorité en faveur de l’accord proposé et ce dans un avenir proche. Les marchés financiers devraient dès lors accorder le bénéfice du doute à ce scénario. Autrement dit, au-delà de toute expression de déception liée à la poursuite de l’incertitude, la livre devrait pouvoir poursuivre son appréciation - et nous serions amenés à modifier nos objectifs de cours - les rendements obligataires devraient continuer à progresser et les actions à réduire leur sous-valorisation. Sur ces dernières, nous maintenons pour l’heure une opinion neutre car les risques de surprise négatives demeurent et le ratio risque-potentiel est peu favorable.

Le Parlement britannique décide d’un report du vote sur l’accord de divorce

Avec 322 voix contre 306, le Parlement britannique a voté en faveur d’un report du vote sur l’accord de divorce négocié entre Boris Johnson et l’Union européenne. La Chambre des communes a besoin de plus de temps pour en assimiler le contenu. L’opposition des 10 membres du Parti Unioniste Démocratique d’Irlande du Nord a joué un rôle clé dans la défaite.

Cela n’empêche pas forcément le Premier Ministre d’atteindre son objectif de sortie de l’Union européenne d’ici la fin du mois. Dès aujourd’hui Boris Johnson va déployer tous ses efforts en ce sens.

Entretemps, il a envoyé trois lettres à Bruxelles demandant à l’Union européenne de retarder le Brexit au 31 janvier 2020, tout en soulignant qu’il préfère ne pas avoir à recourir à cette extension du délai. Pour que Boris Johnson obtienne l’extension, l’Union européenne doit accepter celle-ci à l’unanimité. Cela peut prendre plusieurs jours.

Les probabilités d’un accord ont encore augmenté

L’analyse du vote de samedi et de l’ensemble des réactions des hommes politiques et positionnements affichés depuis lors, entretiennent la perspective d’un nombre suffisant de voix pour obtenir une majorité en faveur de l’accord proposé. Cependant, la situation reste très fluide, comme elle l’a été la semaine dernière avec diverses alternances entre optimisme et pessimisme.

Avant les développements de samedi et tout le flux de nouvelles qui a suivi, nous avions retenu comme scénario central qu’un accord était beaucoup plus probable que son absence (55% de probabilité contre 10% respectivement). Nous avions accordé 35% de chance au scénario d’une non-sortie de l’Union européenne.

Les marchés vont accorder le bénéfice du doute

Toute expression de déception liée à la poursuite des incertitudes devrait se révéler passagère car la probabilité d’une sortie du Royaume-Uni hors de l’Union européenne sans accord a encore faibli.

Les marchés financiers devraient dès lors accorder le bénéfice du doute quant à l’adoption d’un accord. Autrement dit, la livre devrait pouvoir poursuivre son appréciation et nous pourrions réviser notre objectif entre la livre et l’euro de 0,88 à 0,85, aussi bien à 3 mois qu’à 12 mois. Les rendements obligataires devraient continuer à progresser. Quant aux actions, surtout les actions domestiques (FTSE250), elles devraient réduire leur sous-valorisation. Il est très tentant d’adopter une opinion positive car une légère revalorisation couplée à une appréciation de la devise devrait plus que compenser une croissance des bénéfices inférieure à la moyenne mondiale. Nous maintenons pour l’heure une opinion neutre car les risques de surprise négatives demeurent et le ratio risque-potentiel est peu favorable.

 

Roger Keller

Chief Investment Advisor
BNP Paribas Wealth Management

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