BNP Paribas utilise des cookies sur ce site internet. En poursuivant la navigation sur notre site, vous acceptez l'utilisation de ces cookies. Vous pouvez consulter notre Politique Cookies pour de plus amples informations et pour savoir comment les bloquer sur votre ordinateur. Le fait d’empêcher le dépôt de cookie sur votre terminal peut induire une expérience réduite des fonctionnalités de ce site.

#Stratégie d'investissement — 03.11.2017

Réserve fédérale : Powell répond à l’appel présidentiel

Edouard Desbonnets

Powell continuera-t-il une politique monétaire dans la lignée de celle de Yellen ?

La nomination

Jamais une nomination à la tête de la Réserve fédérale ne s’était déroulée ainsi. Dans un style non conventionnel, le Président des Etats-Unis avait depuis plusieurs jours créé un suspens autour de cette nomination. Dans la liste des candidats pressentis pour le poste, on trouvait initialement Janet Yellen elle-même, l’actuel gouverneur Jerome Powell, l’économiste John Taylor, l’ancien gouverneur Kevin Warsh, ou encore Gary Cohn, le principal conseiller économique de Donald Trump. Peu à peu la liste s’est réduite à Powell, Yellen et Taylor.

C’est finalement Jerome Powell qui a été nommé par le Président des Etats-Unis (sous réserve de confirmation par le Sénat) pour succéder les quatre prochaines années à Yellen, dont le mandat expire le 3 février 2018. Trump devra également nommer prochainement le vice président de la Réserve fédérale.
 

Le nouveau président

Républicain, juriste et ancien banquier d’affaires, Powell est gouverneur depuis mi 2012. Ses vues sur la politique monétaire sont semblables à celles de Yellen. Il a d’ailleurs toujours voté comme elle lors des réunions de la Réserve fédérale. Il faut donc s’attendre à ce que la politique monétaire plutôt accommodante continue. Il a, à l’inverse, un goût plus prononcé pour la déréglementation, ce qui est compatible avec la politique que Trump veut mettre en place.

La Réserve fédérale en 2018 et les impacts sur les marchés

Au fur et à mesure des mandats arrivés à terme et des démissions, Trump a eu l’opportunité incroyable de pouvoir choisir une grande partie du Comité de politique monétaire au tout début de son mandat. Des sept gouverneurs (membres votants permanents pour 14 ans, nommés par le Président des Etats-Unis et approuvés par le Sénat), Trump en a nommé deux et il reste encore trois sièges vacants pour lesquels il devra se prononcer. De plus, il n’est pas exclu que Yellen démissionne de son poste de gouverneur vu qu’elle n’a pas été reconduite à la tête de la Réserve fédérale, ce qui crée une opportunité supplémentaire. Cela dit, il faut toutefois préciser qu’une fois en poste, les gouverneurs sont réputés indépendants du Président des Etats-Unis et du pouvoir politique en place.

En conséquence, on peut penser que Powell continuera une politique monétaire dans la lignée de celle de Yellen. En effet, les deux partagent les mêmes vues, et même si la présidence change, l’équipe d’experts en charge des données et des projections économiques reste en place. C’est donc un changement dans la continuité. Powell devrait continuer le cycle de resserrement monétaire et la réduction du bilan de Réserve fédérale, pour laquelle il y avait lui-même voté. Ses principaux défis à court terme seront de relancer l’inflation et de gérer les incidences de la relance budgétaire américaine.

Avant-hier, la Réserve fédérale a voté pour le maintien des taux directeurs mais a souligné le dynamisme de la croissance économique, ce qui ouvre la porte à une hausse de taux en décembre.

Nous avons décidé d’ajuster nos perspectives sur la Réserve fédérale en se basant sur l’hypothèse d’un pic de croissance aux Etats-Unis en 2018, suivi d’une décélération en 2019 à 1,9%. Dorénavant nous anticipons une hausse de taux en décembre, suivie de trois hausses pour l’année prochaine, mais aucune en 2019 car l’économie américaine devrait ralentir, ce qui porte le taux de fin de cycle de 2,50% à 2,25%.