Capitalisation dans un monde incertain aux taux d'intérêt bas
#Investissements — 18.02.2021

Capitalisation dans un monde incertain aux taux d'intérêt bas

Dans un contexte marqué par des taux d’intérêt aujourd’hui encore historiquement bas, les entreprises bénéficiant d’une croissance rentable peuvent offrir une valeur cumulée aux investisseurs.

Tout étudiant en finance ou en comptabilité apprend très vite deux citations célèbres. La première – qu’Albert Einstein aurait prononcée lorsqu’il travaillait sur l’unification des forces en physique - dit que les intérêts composés sont la force la plus puissante de l’univers. La seconde, de Benjamin Franklin, stipule : « L’argent produit de l’argent. Et l’argent que produit l’argent produit de l’argent. »

Ces citations illustrent le pouvoir sous-jacent du mécanisme de capitalisation. Toutefois, si on entend généralement par capitalisation le réinvestissement des intérêts, une acception plus récente s’est imposée dans un monde où les taux d’intérêt sont bas.

L’idée de base est très simple. Lorsqu’un actif produit de l’argent, cet argent peut être réinvesti dans des actifs qui dégagent également des rendements. Si en dix ans, un actif offrant un rendement annuel de 10 % rapporte 100 % du capital initial en revenus cumulés, le réinvestissement de ce rendement au même taux aurait rapporté au total 159,4 %. Ce rendement supplémentaire de 59,4 % est égal à la valeur de la capitalisation.

Dans un monde où les taux d’intérêt sont bas et le rendement des actifs plus faible, capitaliser prend un tout autre sens. En effet, avec la baisse des taux d’intérêt, les rendements des actifs à faible risque, tels que les titres à revenus fixes, diminuent également, et la capitalisation liée à ces actifs devient moins intéressante pour les investisseurs.

Capitalisation

Dans ce contexte, le marché a commencé à se tourner vers des investissements qui s’appuient sur le concept de capitalisation pour offrir des rendements supérieurs à leurs actionnaires, et en particulier vers les entreprises qui affichent une croissance cumulée et des marges soutenues ou en hausse. Certains acteurs du marché ont récemment baptisé ce changement TINA (There is No Alternative) pour souligner le fait que les rendements recherchés par les investisseurs doivent provenir d’une réaffectation des actifs de la catégorie des titres à revenus fixes vers celle des actions.

Les entreprises peuvent accroître la valeur actionnariale en réinvestissant constamment dans leur propre entreprise à des niveaux élevés de rentabilité afin d’accélérer leur croissance et d’augmenter ainsi les futurs rendements des actionnaires. Fortes d’actifs exclusifs et généralement non reproductibles, et notamment d’actifs incorporels tels que marques ou brevets, ces entreprises bénéficient durablement d’un rendement élevé du capital investi (RCI), d’une marge de croissance souvent conséquente et de faibles besoins en capitaux. Cette combinaison a l’avantage de générer d’importants flux de trésorerie disponible qui peuvent ensuite être réinvestis dans l’entreprise et de favoriser l’augmentation de la valeur capitalisée par les actionnaires.

Ces dernières années, ces entreprises, et notamment sans toutefois s’y limiter les grandes sociétés technologiques qui ont fini par dominer l’indice boursier, ont surpassé le marché en termes de performance et offert aux actionnaires un rendement largement supérieur à celui de leurs pairs.

Pour les investisseurs, ces sociétés peuvent offrir les avantages d’une stratégie d’investissement source de valeur substantielle sur le long terme. Il convient toutefois de souligner que si une stratégie axée sur des investissements à revenu fixe est par nature relativement peu risquée, les stratégies de croissance basées sur la capitalisation des valeurs cumulées dégagées par des actions exigent de souscrire à un profil de risque nettement plus élevé. Afin d’atténuer ces risques, les investisseurs doivent faire preuve d’une diligence accrue pour mieux comprendre la nature de l’avantage économique durable que présentent ces sociétés. Par exemple, l’évolution du marché sous-jacent, l’innovation, les changements réglementaires ou des changements de comportement des consommateurs peuvent tous nuire à la capacité d’une société qui a vocation à générer des bénéfices cumulés à offrir un rendement élevé du capital investi.

Dans ce contexte « TINA » de réallocation des actifs des titres à revenus fixes vers des actions, les investisseurs doivent plus que jamais s’en remettre à des experts pour comprendre le risque inhérent à tout investissement. Il convient de veiller à ce que les investissements soient effectués avec la diligence requise pour avoir raisonnablement confiance dans la capacité réelle d’un investissement à générer une croissance cumulée au fil du temps. Les clients qui confient la gestion de leur patrimoine à des tiers peuvent compter sur le réseau d’experts que les banques privées sont en mesure de déployer pour effectuer ces contrôles préalables en leur nom et s’assurer qu’ils comprennent le profil risque-rendement propre à ce type d’investissements.