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#Investissements — 23.02.2016

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le Private Equity… sans oser le demander

Agnès Garcia

La fin de la contre-vérité sur le Private Equity

Lorsqu’on m’a demandé de présenter le Private Equity, je me suis demandée par où j’allais bien pouvoir commencer : en effet, après 20 ans passés dans cette industrie, je ne pense pas avoir jamais vu une classe d’actifs autant caricaturée par les médias.

En lisant les couvertures de presse sur le Private Equity, vous pouvez légitimement vous demander ce qui est passé par la tête des investisseurs qui ont investi 546 milliards de dollars dans cette classe d’actifs l’année dernière ! C’est pour cette raison que j’ai décidé de commencer en faisant place nette de tous les stéréotypes entendus sur le Private Equity. 

Commençons par une définition : 

Le Private Equity consiste à investir dans les sociétés non cotées à différents stades de développement, en vue de créer de la valeur ajoutée et les céder quelques années plus tard en réalisant un gain en capital significatif.

Facilitant l’investissement dans les sociétés non cotées, les fonds de Private Equity ont été créés, pour la plupart dans les années 90, afin de recueillir les fonds d’investisseurs et les déployer progressivement en acquérant des sociétés solides et performantes, pour ensuite les faire croître et créer de la valeur pour les investisseurs. Ce business model s’étend aujourd’hui de l’Amérique à la Chine, couvrant toute l’Europe et plus récemment l’Afrique.

Au vu de ce succès, on peut tout de même se dire qu’il doit bien y avoir quelque chose d’intéressant dans ce business model. Le rendement pour les investisseurs peut-être ? Savez-vous que le taux de rentabilité interne (TRI) net des fonds globaux de LBO sur une période de 10 ans s’établit à 14,4% par an (au T2 2014), après une baisse du TRI net à 8.8% par an pendant les périodes de crise, entre 2008 et 2009 (selon le rapport 2015 de Bain & Cie Global Private Equity) ?

 

Stéréotype #1 : Les fonds de Private Equity dépouillent les sociétés de leurs actifs 

Les détracteurs diront que les fonds de Private Equity génèrent des rendements élevés en liquidant les actifs des sociétés qu’ils acquièrent. Cette théorie ne résiste pas à une analyse sérieuse et plusieurs exemples viennent la contredire : saviez-vous que des entreprises célèbres comme Orangina, Heinz (oui, votre ketchup préféré !), Center Parcs ou encore Moncler, se sont développées avec le soutien de fonds de Private Equity ? 

Les sociétés de Private Equity travaillent dur pour faire croître les entreprises, en investissant de l’argent pour soutenir un large éventail de stratégies de création de valeur, comme :

  • Le déploiement géographique – à l’image d’Hunkemöller, chaîne nordique de lingerie créée au Pays-Bas et présente  aujourd’hui dans plus de 16 pays grâce au soutien d’un fonds européen ;

  • Le repositionnement produit, permettant de faire d’un concept dépassé un produit tendance – à l’instar de Pom’pote de Materne, dont l’expansion aux Etats-Unis est soutenue par un fonds français de Private Equity, ou encore Leica, qui a été rachetée par un grand fonds international de Private Equity ;

  • Les stratégies de croissance externe (« buildups » en anglais), passant par l’acquisition et l’intégration de petits concurrents pour créer des leaders mondiaux – à l’exemple de Swissport, devenu le leader mondial dans la prestation de services aéroportuaires, dont la part de marché a augmenté significativement sous la détention d’un fonds européen. 

Plusieurs statistiques illustrent bien ces exemples : entre 2005 et 2012, seulement 10% des sociétés financées par des fonds de Private Equity ont réalisé des cessions nettes contre 44% ayant procédé à des acquisitions nettes (Myth and Challenges – Rapport EY Private Equity, 2013).

Les sociétés de Private Equity n’apportent pas seulement de l’argent mais également leur expertise dans divers domaines; elles donnent souvent aux managers des sociétés accès aux meilleurs experts dans une industrie donnée ainsi qu’à un niveau d’informations privilégié, facilitant les contacts dans divers domaines.

 

Stéréotype #2 : les fonds de Private Equity coupent les coûts et licencient

De la même façon, je trouve ridicules les déclarations reprochant au Private Equity de détruire des emplois ; la réduction des coûts ne permet pas de générer des retours de 2x l’investissement initial ! Les entreprises de Private Equity peuvent effectivement réduire certains coûts, mais cela s’effectue généralement dans l’optique de réinvestir les économies réalisées dans d’autres fonctions (vente, marketing, recherche, etc.) afin de dynamiser l’entreprise.

Là encore, les statistiques vont à l’encontre de cette idée reçue puisque les entreprises européennes financées par des fonds de Private Equity ont vu leur effectif croître de 2%/an entre 2005 et 2012 (Rapport EY Private Equity). Aussi, ces entreprises comptent pour 12% de l’innovation industrielle européenne, pourcentage bien plus important que leur proportion en nombre (EVCA Essential work, 2014-2019).

 

Stéréotype #3 : l’argent des investisseurs en Private Equity est bloqué pendant 10 ans

Parce que développer des entreprises prend du temps, les investissements en Private Equity sont généralement perçus comme illiquides et de long-terme. Cette idée répandue que votre argent sera bloqué pendant 10 ans est pourtant fausse.

Les fonds de Private Equity ont effectivement une maturité de 10 ans, mais il n’est pas rare de voir une entreprise cédée au bout d’une période de détention de 4 ans. Le fonds doit liquider les actifs restants en portefeuille après 10 ans, mais, vous pouvez normalement vous attendre à récupérer le montant de votre mise initiale dans les 5 à 7 premières années de vie du fonds. Les années restantes vous permettront de récupérer des montants correspondant à de la plus-value. Toutefois, la vie d’une entreprise n’étant jamais un long fleuve tranquille, le Private Equity reste une activité à risque où le capital n’est pas garanti.

 

Stéréotype #4 : le Private Equity est une boîte noire

Enfin, le Private Equity est souvent confondu avec d’autres types de fonds plus ésotériques et accusé d’être une boîte noire. Sérieusement, il n’y a rien de plus injuste que cela. Le Private Equity est un investissement dans « l’économie réelle » : vous participez à l’acquisition d’une société, à la création de valeur au sein de cette société et bien sûr (on l’espère), au gain réalisé lors de la cession de cette société. Investir en Private Equity ne consiste pas à faire du trading d’actions de sociétés sur des marchés financiers. Lorsqu’un fonds appelle votre argent pour investir, vous savez très clairement comment il sera utilisé.

La valorisation des sociétés dans le portefeuille est réalisée à minima 2 fois par an, selon les normes internationales du Private Equity (IPEV). Ce qui est vrai, en revanche, c’est que les fonds ne communiquent pas les performances de leurs sociétés en dehors de leur groupe d’investisseurs, ce qui explique que l’assistance d’un expert de l’industrie est essentielle pour sélectionner les fonds les plus performants.

 

Maintenant que vous connaissez le vrai visage du Private Equity, je vous invite à rester connectés pour nos prochains articles !