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#Stratégie d'investissement — 06.10.2017

Marchés d'actions : soyez procycliques !

Roger Keller

Les perspectives des marchés d'actions restent fondamentalement prometteuses (cf. notre message précédent). Deux marchés présentent un potentiel haussier supérieur à la moyenne. Découvrez lesquels.

Les actions américaines présentent un potentiel haussier, mais limité par les valorisations : nous sommes neutres.

Depuis le début de l'année, le dollar américain a baissé de près de 10% en termes pondérés par les échanges, ce qui ajoute environ 4 points de pourcentage à la croissance des bénéfices du S&P500. À l'avenir, nous pensons que la combinaison d'une croissance plus rapide des ventes, de marges stables et d'un dollar plus fort mènera à une croissance bénéficiaire de près de 10%.

Des baisses d'impôts des sociétés augmenteraient significativement la croissance du BPA en 2018. Cependant, ces belles perspectives bénéficiaires sont déjà bien reflétées. Les valorisations sont indéniablement élevées : Le PER de Shiller n'a atteint un niveau supérieur qu'en 1929 et en 2000 et le PER prévisionnel à 12 mois, le ratio cours/valeur comptable ou le ratio cours/chiffre d'affaires sont tous supérieurs à leurs moyennes à long terme. Compte tenu de ces valorisations élevées, le potentiel de hausse des actions américaines est inférieur à la moyenne.

Par conséquent, même si nous nous attendons à ce que de nouveaux records soient atteints, ils ne seront pas beaucoup plus élevés que les niveaux actuels. Ainsi, nous sommes neutres sur les actions américaines.

Un rebond plus marqué pour la zone euro grâce à une belle croissance des BPA et à des valorisations attrayantes : nous sommes optimistes

Le marché d'actions de la zone euro est sensible à l'évolution des taux de change. Selon certains calculs, une appréciation de 10% de la monnaie unique diminue la croissance des bénéfices par action de la zone euro d'environ 6 points de pourcentage. Au cours des 5 derniers mois, l'euro a progressé de 8%, ce qui explique la tendance divergente du marché d'actions de la zone euro depuis mai et son évolution vers la moyenne mobile sur 200 jours.

Au cours des prochains mois, l'euro devrait selon nous quelque peu se déprécier, les données économiques devraient conserver une orientation solide et le levier opérationnel devrait contribuer à une forte croissance des bénéfices. Les rachats d'actions et les fusion-acquisitions devraient également apporter une contribution positive.

Si les valorisations sont globalement en ligne avec les moyennes à long terme, les valorisations basées sur le PER sont pénalisées par le niveau des bénéfices cycliquement bas. En outre, il convient de tenir compte du faible niveau des rendements obligataires, ce qui améliore la qualité de la valorisation relative des actions. En ce qui concerne la sélection de pays, nous n'avons, pour l'heure, pas de préférence au sein de la zone euro.

Le Japon est bien parti pour surperformer : nous restons positifs

Des élections législatives sont prévues le 22 octobre. Elles devraient être remportées par le Premier ministre Shinzo Abe. L'expansion économique actuelle est la plus longue depuis dix ans et profite des exportations et de la demande intérieure solides. Le PIB devrait continuer de progresser au-delà de son potentiel en 2018. En plus d'un climat macroéconomique favorable, les entreprises japonaises sont à même d'afficher une croissance et des révisions de bénéfices solides car elles mettent davantage l'accent sur l'amélioration du rendement sur fonds propres.

Le levier opérationnel fort constitue un atout de taille étant donné l'environnement actuel d'accélération de la croissance mondiale. La dépréciation attendue du yen contribuera également à la progression supérieure à la moyenne du marché japonais, compte tenu des avantages qu'elle procure aux entreprises exportatrices et de la corrélation fortement négative avec la tendance des marchés d'actions. En outre, il s'agit du seul marché d'actions d'envergure à profiter de la hausse des rendements obligataires, une hausse que nous attendons pour les mois à venir. Enfin, les valorisations attrayantes appuient également notre optimisme.

En raison de fondamentaux faibles, nous sommes neutres sur le Royaume-Uni

La plupart des indicateurs relatifs aux valorisations, comme le PER corrigé des variations cycliques, le ratio cours/valeur comptable relatif ou le rendement du dividende, montrent les actions britanniques sous un jour favorable. Malheureusement, elles se situent à ces niveaux inférieurs à la valorisation moyenne à long terme pour de bonnes raisons : les perspectives bénéficiaires sont mauvaises.

Et ce en raison de la détérioration du climat économique intérieur due aux incertitudes liées au Brexit. Mais également en raison de la ventilation sectorielle du marché d'actions britannique, qui est beaucoup plus défensif que les autres principaux marchés, la consommation de base, la santé, les télécoms et les services aux collectivités représentant 36% de l'indice FTSE100.

Des valorisations supérieures à la moyenne et une attitude défensive nous amènent à une position neutre sur la Suisse

Depuis mars, le franc suisse a perdu 7% face à l'euro et 5% en termes pondérés par les échanges, un recul important et bien accueilli par les entreprises suisses, qui génèrent une grande partie de leur chiffre d'affaires et de leurs bénéfices à l'étranger. Les indicateurs économiques sont très solides, le PMI ayant atteint un nouveau plus haut cyclique de 61,2 et l'indicateur avancé du KOF étant compatible avec une croissance robuste.

Les valorisations traduisent déjà, en grande partie, ces données positives car elles sont soit conformes aux moyennes à long terme, soit supérieures. Étant donné que la croissance prévue des bénéfices est inférieure à la moyenne mondiale en raison du caractère défensif des actions suisses, la hausse de ces dernières est inférieure à la moyenne. C'est pourquoi nous conservons une position neutre.

Maintien de notre position neutre vis-à-vis des marchés émergents

À compter de janvier 2016, la sous-performance affichée depuis plusieurs années par les marchés d'actions émergents s'est inversée. Par ailleurs, ces marchés sont récemment venus à bout de résistances techniques importantes.

Et ce pour différentes raisons : la hausse des prix des matières premières, la fin de la récession au Brésil et en Russie, les mesures de relance en Chine, la prudence continue de la Fed, la baisse des rendements obligataires, le resserrement des spreads obligataires, l'abondance de liquidités, l'amélioration des déséquilibres structurels et, en 2017, la dépréciation du billet vert. Il est vrai que cette hausse est restée limitée, étant donné qu'à peine 1% des actions de l'indice MSCI EM ont contribué à 40% des gains réalisés par l'indice ces 12 derniers mois.

D'un point de vue sectoriel, la technologie a été le principal moteur de la performance. Dans les prochains mois, les rendements réels toujours élevés devraient permettre une baisse des taux dans les pays émergents. Hormis ce point favorable, nous sommes confrontés depuis un certain temps à un manque de catalyseurs positifs : le nombre de hausses des taux de la Fed à venir est sous-estimé, les rendements obligataires et le dollar américain devraient augmenter, les spreads obligataires des pays développés disposent d'un potentiel de resserrement supplémentaire limité, voire nul, les prix des matières premières ne devraient suivre aucune orientation précise et les valorisations sont déjà justes. Résultat : nous maintenons une position neutre.

Nous continuons de privilégier l'Asie, grâce à la hausse des rendements sur fonds propres et à l'exposition plus élevée aux tendances macroéconomiques favorables des pays développés.