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#Investissements — 11.07.2017

Privilégier les marchés actions pro-cycliques au second semestre

Roger Keller

Dans notre dernier commentaire, nos perspectives tablaient sur un second semestre en deux temps : une phase de consolidation suivie d’une phase de reprise de la tendance haussière. Cette dernière devrait être alimentée par les marchés actions dits à bêta élevé et pro-cycliques. Ce scénario ne signifie pas que de nouveaux plus hauts sont exclus sur le marché actions américain.

Point de vue neutre concernant les Etats-Unis compte tenu des valorisations élevées

Avec des marges élevées, des rendements des fonds propres en hausse et des prévisions de bénéfices dépassant les plus hauts de 2007 de 34%, le marché actions américain a atteint une phase de maturité de son cycle haussier. Les valorisations sont en outre indéniablement élevées (PER, cours/valeur comptable, cours/ventes, etc.), bien que dans une moindre mesure par rapport aux obligations.

Les marchés actions américains peuvent toutefois encore atteindre de nouveaux plus hauts, compte tenu de la poursuite de la hausse des bénéfices anticipée pour 2018. Le cycle des bénéfices pourrait se prolonger grâce aux baisses d’impôts. Notre scénario misant sur quatre nouveaux relèvements des taux d’intérêt avant la fin de 2018 ne devrait pas être un frein à la poursuite de cette tendance haussière : il implique tout bonnement une hausse de la volatilité.

Point de vue positif sur la zone euro, qui tourne à plein régime

La demande intérieure suit une trajectoire solide, les exportations sont soutenues et la BCE ne devrait pas envisager de relever ses taux avant le second semestre 2018.

Les marchés actions de la région étant particulièrement sensibles au contexte économique, compte tenu des coûts fixes élevés des entreprises, les conditions actuelles et futures sont extrêmement porteuses pour les actions grâce aux effets du levier d’exploitation. Après un début d’année 2015 difficile, les bénéfices devraient enfin se rapprocher des plus hauts de 2007, qui sont actuellement 30% supérieurs aux prévisions.

Les effets de base favorables devraient également porter la croissance des bénéfices des entreprises des secteurs financier et des matières premières. Les rachats d’actions représentent un autre facteur important de la croissance des bénéfices.

Les valorisations raisonnablement attractives (en termes absolus et relatifs) incitent également à l’optimisme. Les investisseurs étrangers devraient faire un retour en force compte tenu de l’ensemble de ces facteurs et de l’atténuation importante des risques politiques.

Point de vue positif à l’égard du Japon sur fond de dynamique économique positive

Le marché actions japonais est l’un des marchés boursiers affichant la part de valeurs cycliques la plus élevée. La dynamique économique est favorable (avec une hausse des exportations, de la consommation intérieure et des dépenses d’investissement) et les pressions inflationnistes se font peu à peu sentir tandis que l’économie tourne à plein régime.

Grâce à ces éléments positifs, les actions japonaises devraient générer des rendements supérieurs à la moyenne au cours des prochains trimestres, dans le sillage d’une croissance des bénéfices solide. Cette perspective est confortée par la relation positive entre la progression des marchés actions et celle des rendements obligataires internationaux.

Avec un différentiel de taux d’intérêt en faveur du dollar américain, les pressions sur le yen devraient renforcer le potentiel haussier du marché boursier. Enfin, les rachats d’actions et les valorisations attrayantes contribueront également au potentiel de surperformance.

Point de vue neutre concernant le Royaume-Uni, sur fond d’incertitudes grandissantes

Outre les incertitudes concernant le Brexit, la situation politique est devenue plus instable après les résultats des élections générales. En parallèle, les perspectives en termes de consommation se sont assombries, les salaires réels sont sur une pente descendante et la confiance des ménages se dégrade. La confiance des entreprises reflète ces perspectives économiques incertaines.

Les exportations constituent le seul point positif, grâce à la dépréciation importante de la livre sterling. Dans l’ensemble, les perspectives bénéficiaires sont médiocres pour les secteurs tournés vers la consommation intérieure. Nous ne sous-pondérons toutefois pas les actions britanniques. Nous optons pour un positionnement neutre étant donné que 70% des revenus du FTSE 100 sont générés en dehors du Royaume-Uni, ce qui devrait se traduire par une croissance du BPA supérieure à 10% pour 2017.

Dès que les effets de change positifs ne seront plus d’actualité, la croissance des bénéfices devrait redevenir inférieure à 10%. De plus, leur évolution pour 2017 est particulièrement dépendante des fluctuations des cours des matières premières, qui représentent 23% de l’indice FTSE100. Enfin, les valorisations sont en ligne avec leurs moyennes à long terme. Le rendement du dividende, qui s’élève à 4%, est particulièrement attrayant.

Point de vue neutre concernant les moyennes et les grandes capitalisations suisses

Le mois dernier, nous avons révisé notre opinion sur les moyennes capitalisations suisses de « positive » à « neutre » après avoir observé des primes de valorisation au plus haut depuis 15 ans. Ces titres constituent toujours un placement très intéressant à moyen et long terme, en particulier si le franc suisse perd du terrain.

Nous privilégions la neutralité à l’égard des grandes capitalisations, dont la croissance des bénéfices devrait être inférieure à 10% avec des valorisations proches de leurs moyennes à long terme : de plus, la nature défensive du SMI devrait constituer un frein lorsque les actions internationales repartiront à la hausse en fin d’année grâce au contexte favorable de l’économie internationale.