BNP Paribas utilise des cookies sur ce site internet. En poursuivant la navigation sur notre site, vous acceptez l'utilisation de ces cookies. Vous pouvez consulter notre Politique Cookies pour de plus amples informations et pour savoir comment les bloquer sur votre ordinateur. Le fait d’empêcher le dépôt de cookie sur votre terminal peut induire une expérience réduite des fonctionnalités de ce site.

#Stratégie d'investissement — 05.02.2018

Les perspectives des marches actions du mois de février

Roger Keller

En quelques mots, nous restons optimistes à moyen terme mais anticipons une trajectoire volatile jusqu'à de nouveaux plus hauts.

Ces prévisions sont exactement celles du consensus. À côté de quoi passons-nous ?

Nous pensons que l'environnement « idéal » devrait perdurer, que les banques centrales réorienteront leurs politiques de manière progressive, que la croissance bénéficiaire restera solide, que les valorisations peuvent rester élevées, que les meilleures opportunités du marché boursier sont à rechercher parmi les valeurs pro-cycliques. Il n'y a là rien de très original. Ces visions sont très largement partagées. Et c'est précisément à cause de leur caractère si consensuel que nous redoutons d'être passés à côté de quelque chose. En bourse, tout ce qui est évident est évidemment faux… Nous mettons tout en œuvre pour identifier l'élément que nous aurions pu oublier, mais ne trouvons néanmoins aucune raison de modifier notre point de vue. Après avoir parcouru notre liste de contrôle des problématiques à suivre de près, nous arrivons à la conclusion que nous devons continuer à nous en tenir au consensus.

Les raisons qui nous poussent à rester fondamentalement optimistes

Les facteurs clés de notre scénario optimiste à moyen terme sont la nature synchrone de la période d'expansion actuelle et la dynamique mondiale positive des dépenses d'investissement, qui induisent un cycle économique vertueux. Sur la base de ces tendances, il semble raisonnable de prévoir une croissance bénéficiaire de l'ordre de 10% à l'échelle internationale, grâce au levier d'exploitation (et à la contribution des réductions d'impôts aux Etats-Unis). Cerise sur le gâteau, les programmes de rachats d'actions contribuent eux aussi aux résultats. Dès lors que les banques centrales réorientent leurs politiques monétaires vers des versions moins accommodantes, notre scénario principal est celui d’une hausse des actions en 2018, dans des proportions similaires à la croissance des bénéfices. Cela signifie que les marchés actions ont déjà réalisé une partie importante du potentiel de hausse escompté. La marge de progression anticipée est néanmoins suffisante pour rester optimiste. Il ne faut pas non plus écarter la possibilité de voir les marchés poussés au-delà de nos prévisions par la confiance, car nous sommes à un stade avancé du marché haussier.

Pourquoi nous anticipons une poussée de la volatilité

Nous avons tablé, durant une grande partie de l'année 2017, sur une phase de consolidation des marchés, notre trajectoire favorite étant un repli jusqu'à la moyenne mobile sur 200 jours (qui se situe la plupart du temps 7% en dessous des cours au comptant). Dans ce contexte, nous sommes restés fidèles à notre point de vue neutre à court terme, dans le cadre d'une opinion positive à moyen terme. Depuis la création de Standard & Poor’s en 1927, il n'y a jamais eu de période semblable à la période actuelle, marquée par une progression aussi durable du marché – 400 jours jusqu'à présent – sans la survenue à un moment ou un autre d'un repli d'au moins 5%. Dans la mesure où les marchés sont massivement surachetés, où les prévisions haussières ont atteint des niveaux élevés, où les politiques des banques centrales s'infléchissent et où les indicateurs avancés touchent des sommets, nous conservons notre positionnement neutre à court terme. 2018 devrait signer le retour de la volatilité.

Où sont les principaux risques ?

Alors que les valorisations atteignent des niveaux très élevés, il faut se demander d'où les mauvaises surprises sont les plus susceptibles de venir. Notre principale inquiétude concerne une hausse plus rapide que prévu des rendements obligataires, que ce soit en raison d’une inflation supérieure aux attentes, d’un durcissement plus abrupt qu’attendu des politiques des banques centrales ou de l’exigence de primes de risque plus importantes de la part des investisseurs. Le risque suivant réside dans une décélération plus rapide que nous l'escomptons de la croissance chinoise. La troisième source de préoccupation réside dans une correction plus importante et plus rapide que prévu des indicateurs économiques mondiaux. Enfin, nous sommes attentifs aux risques liés au protectionnisme et à la géopolitique.

 

Même si les marchés actions se situent à un stade avancé du mouvement haussier et en situation de surachat massif, nous conservons un point de vue optimiste. La trajectoire sera probablement marquée par la volatilité mais vaudra d'être suivie, compte tenu de la bonne visibilité associée au contexte économique.