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#Stratégie d'investissement — 12.10.2016

Les actions restent des actifs de choix malgré une hausse de la volatilité attendue

Roger Keller

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Les tendances macroéconomiques dictent les perspectives des marchés actions

En 2017, la croissance économique mondiale devrait être légèrement supérieure à 3% pour la sixième année consécutive. Ce rythme clairement atone est cependant suffisant pour permettre une amélioration de la dynamique bénéficiaire.

Cette embellie sera en partie attribuable à la suppression de certains obstacles liés au secteur de l'énergie (qui représente encore près de 7% de l'indice MSCI World AC) et à la vigueur du dollar US (les actions américaines représentent 53% de l'indice et les pays émergents 11%).

Le secteur de l'énergie en effet devrait doper les prévisions de bénéfices pour 2017 grâce aux effets de base et à une démarche proactive. L'amélioration est également imputable au levier opérationnel. Le deuxième relèvement des taux des fonds fédéraux, prévu en décembre, ne devrait pas être considéré comme un handicap, mais plutôt comme un signe que le contexte reste favorable.

Si une telle mesure pourrait donner lieu à un accès de volatilité à court terme, elle alimenterait également l'appétit pour le risque, en particulier car les autres banques centrales conserveront une politique ultra-accommodante ou renforceront leur soutien à l'économie. Parallèlement, les politiques budgétaires expansionnistes devraient elles aussi favoriser les prises de risque.

Nos prévisions bénéficiaires sont nettement inférieures à celles du consensus

Le consensus table sur une croissance probable des bénéfices de 13% en 2017, ce qui nous semble trop optimiste. Nous anticipons un taux de croissance compris entre 5% et 7%. Tout d'abord, les sociétés américaines pourront tout au mieux maintenir la stabilité de leurs marges.

La croissance bénéficiaire serait alors alignée sur le taux de croissance des ventes, ce qui s'ajoute à la contribution des rachats d'actions. Dans les autres régions, le levier opérationnel et les rachats d'actions devraient faire progresser le taux de croissance bénéficiaire plus rapidement que la croissance des ventes.

Un potentiel haussier conforme aux perspectives bénéficiaires

Les efforts relationnistes des dernières années ont maintenu une large part des fonds au sein du système financier au lieu de les injecter dans l'économie réelle. Les rendements obligataires ont dès lors atteint de nouveaux plus bas historiques et les marchés actions ont traversé une phase de réévaluation.

Les valorisations actuelles peuvent être qualifiées d'onéreuses, bien qu'elles n'aient pas atteint des niveaux extrêmes, du moins en dehors des Etats-Unis. Si elles ne permettent généralement pas d'obtenir une indication fiable des rendements sur un horizon de 12 mois, les valorisations constituent toutefois un excellent outil de prévision des rendements sur 10 ans.

A cet horizon, elles indiquent que les rendements moyens devraient être modérés. S'agissant des 12 prochains mois, le principal catalyseur des actions mondiales sera selon nous la tendance bénéficiaire, c'est-à-dire que nous tablons sur des hausses de cours d'environ 5%. Les marchés actions ayant progressé pendant les dernières années malgré le manque de participation des investisseurs, nous ne pouvons exclure que la capitulation des sceptiques n'entraîne in fine une progression des marchés supérieure à nos attentes (qui s'établissent à environ 5%).

Nous tendons cependant à penser qu'une telle évolution n'aura lieu qu'ultérieurement, lorsque les investisseurs parviendront à la conclusion qu'ils se trouvent dans une situation où il n'existe aucune alternative (appelée dans le jargon TINA pour « There Is No Alternative »). Nous n'en sommes pas encore là.

Une hausse de la volatilité à court terme ne serait guère surprenante

Trois facteurs pourraient attiser la volatilité au cours des prochaines semaines : la politique, l'économie et les politiques monétaires.

En ce qui concerne la politique, les élections aux Etats-Unis et le référendum en Italie constituent les principaux obstacles. Sur le front économique, les marchés pourraient être perturbés par la publication d'indicateurs avancés tels que les indices PMI mais également par le lancement imminent de la saison de publication des résultats.

S'agissant de la politique monétaire, nous pensons essentiellement au relèvement des taux par la Réserve fédérale en décembre, qui pourrait pénaliser les actions émergentes. Les risques baissiers devraient finalement s'avérer limités.En effet, la vigilance est déjà de mise, le positionnement adopté est prudent et les tendances fondamentales demeurent positives.

A l'évidence, une détérioration des perspectives pour la croissance économique mondiale, un atterrissage brutal en Chine ou des troubles politiques pourraient nuire à notre scénario de base. Les scénarios de hausse des risques sont rares.

Les marchés émergents et développés ne peuvent pas encore être mis sur un pied d'égalité

L'écart de croissance entre les pays émergents et développés devrait être au plus bas en 2016. Les premiers devraient être favorisés dès 2017, certains pays restant sur la pente ascendante (Inde, Indonésie, Mexique) grâce à de précédentes réformes, d'autres ayant surmonté la récession et bénéficiant d'effet de base (Brésil, Russie), tandis que le taux de croissance de la Chine se stabilise à un niveau supérieur à 6%. En raison de la situation de surachat, de la hausse prévue de la volatilité dans les semaines à venir et du prochain relèvement des taux de la Fed, nous pensons que nous pouvons attendre avant de réviser à la hausse notre opinion des marchés émergents et d'adopter la même position favorable que pour les marchés développés.

les marchés actions pourraient connaître un accès de volatilité au cours des prochaines semaines en raison de risques politiques, d'incertitudes économiques et/ou d'évolution des politiques.

La tendance devrait toutefois être à la hausse au cours des 12 prochains mois.

Nous anticipons une croissance modérée basée sur une amélioration des bénéfices inférieure à 10% et la stabilité des valorisations. En additionnant la contribution des dividendes aux hausses de cours, les actions restent des actifs de choix.

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