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#Market Strategy — 05.01.2017

Les opportunités liées aux politiques de relance économique

Guillaume Duchesnes

Au cours de l’été dernier, les craintes déflationnistes des marchés se sont dissipées pour laisser place à un espoir de relance. Les investisseurs croient dorénavant en la capacité des gouvernements à stimuler la croissance par des mesures budgétaires. Nous recommandons de tirer parti de cette relance au travers des marchés actions matures. Les actions « values » ainsi que les valeurs cycliques et financières devraient être les principales bénéficiaires de cette tendance.

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De la déflation à la relance

Au cours des dernières années, le spectre de la déflation dans les économies développées a attisé les craintes des investisseurs. Le contexte de croissance anémique et de faible  inflation a rendu l’économie mondiale tributaire des politiques monétaires ultra accommodantes. Les banques centrales des principales économies développées ont ainsi mis en œuvre des mesures non conventionnelles, entraînant dans leur sillage un net recul des rendements obligataires. Dans un contexte de faible croissance, les investisseurs ont adapté leur stratégie, ouvrant la voie à une quête de rendement et de croissance stable et solide. Parmi les meilleures opportunités offrant un revenu régulier, les investisseurs ont notamment opté pour des titres à dividendes sûrs et croissants, privilégiant ainsi les valeurs défensives de qualité.

Durant l’été 2017, les marchés ont commencé à être animés par un regain d’espoir concernant la reprise économique. Les investisseurs ont davantage cru en la capacité et la volonté des gouvernements à relancer la croissance par des mesures budgétaires – dissipant ainsi les craintes de déflation et de stagnation. Dans ce contexte, les valeurs cycliques ont commencé à surperformer.

L’élection récente de Donald Trump ainsi que ses promesses de baisses d’impôts et d’investissement dans les infrastructures n’ont fait que renforcer cette tendance.

NB : Dans un scénario de relance, les pressions inflationnistes augmentent parce que l’écart de production se résorbe et l’inflation salariale augmente. Les autorités publiques peuvent aussi contribuer à relancer l’économie mondiale, en engageant des mesures destinées à lutter contre la déflation. Ces politiques peuvent inclure des baisses d’impôts et l’augmentation des dépenses publiques.

En découlent deux conséquences dans notre scénario macroéconomique :

1.     Le passage d’une politique monétaire à une politique budgétaire implique une hausse des taux d’intérêt et une réévaluation de la pente de la courbe des taux ;

2.     L’expansion de la politique budgétaire dopera la croissance aux États-Unis et dans les autres économies développées. Nous avons relevé nos prévisions de croissance de PIB : la croissance mondiale passera la barre des 3 % en 2017 et accélérera en 2018. Par ailleurs, l’inflation repartira à la hausse aux États-Unis et dans le monde en 2017, tandis que le billet vert poursuivra son ascension.
 

Miser sur la relance  via les marchés actions (« value »,  cycliques et financières)

Ces bouleversements macroéconomiques auront une incidence majeure sur les stratégies d’investissement. L’évanouissement des craintes entourant la croissance mondiale devrait réorienter les marchés boursiers vers des thèmes d’investissement comme les actions « values », les valeurs cycliques ou encore les financières.

Au cours des dernières années, ces thèmes ont été pénalisés par un contexte de faible croissance et de taux bas. Ils devraient à nouveau surperformer, portés par l’accélération anticipée de l’activité. De plus, ils s’échangent actuellement à de faibles niveaux de valorisation. Les actifs obligataires et les « bond proxy » (titres dont le cours est fortement corrélé à l’évolution des taux d’intérêt) – principales alternatives aux yeux des investisseurs – semblent pour leur part relativement survalorisés.

Les valeurs bancaires seront les principales bénéficiaires de la politique de relance. Une  hausse des taux d’intérêt et la pentification des courbes de taux allègeront la pression sur leur rentabilité. Les valeurs cycliques, quant à elles, bénéficieront d’une accélération de la croissance économique. Les valeurs cycliques domestiques exposées à la croissance américaine surperformeront les grandes capitalisations du secteur des exportations. Il est également possible de miser sur des thèmes spécifiques, tels que les infrastructures.

Nous privilégions essentiellement les marchés développés. La politique de relance sera principalement mise en œuvre aux États-Unis, mais l’Europe et le Japon en capteront les effets dans la mesure où il s’agit de marchés pro-cycliques.

 

Risques pesant sur notre hypothèse de base
 

  • Si la relance budgétaire devait se révéler décevante, le scénario macroéconomique pourrait passer d’un espoir de relance  à un environnement de stagnation. Une hausse de l’inflation qui ne s’accompagnerait d’aucune amélioration  de la croissance économique serait défavorable et ouvrirait la voie à des thèmes d’investissement plus défensifs.

  • Le rythme (et l’ampleur) de la hausse des rendements obligataires constitue un risque supplémentaire. Une forte hausse pourrait miner les prévisions de croissance ainsi que les valorisations des actions, et faire renaître des craintes concernant les perspectives de croissance économique.

  • Par ailleurs, des risques politiques dans les économies développées pourraient compromettre les chances de relance. En effet,  plusieurs élections majeures se dérouleront en Europe (Pays-Bas, France et Allemagne) en 2017.