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#Stratégie d'investissement — 15.01.2018

Suisse : perspectives économiques 2018

Roger Keller

Une conjoncture favorable

2017 s’est révélée être aux antipodes de l’évolution économique de l’année précédente. En 2016, la croissance a progressivement ralenti et l’année s’est clôturée sur une contraction de 0,1% au quatrième trimestre par rapport au troisième.

C'est tout le contraire qui s’est produit en 2017 : l’économie suisse s’est peu à peu renforcée. Au troisième trimestre, son taux de croissance par rapport au trimestre précédent a été le plus élevé enregistré depuis le quatrième trimestre 2014. Ces bons résultats sont le fruit de plusieurs facteurs, au nombre desquels la consommation, les dépenses d’investissement et les exportations nettes. En fin de compte, la croissance du PIB réel a probablement atteint 0,9% en 2017.

Des perspectives prometteuses

Les cieux sont favorables pour 2018. Le PMI manufacturier est à un plus haut depuis juillet 2010, tandis que le PMI des services s'établit à plus de 60, un niveau très élevé également. L’indicateur composite du cycle du KOF (centre de recherches conjoncturelles) est à son meilleur niveau depuis juin 2010.

La Suisse bénéficie d’une monnaie qui a perdu près de 6% depuis début 2017 et de conditions économiques robustes au niveau mondial, en particulier dans la zone euro, qui est la destination de 50% de ses exportations (les Etats-Unis représentent 15% du total des exportations et la Grande Chine 8%).

Après les exportations, les investissements en immobilisations représenteront la composante du PIB enregistrant la deuxième plus forte croissance. Les entreprises sont en effet rentables, ce qui leur permet d’autofinancer leurs dépenses d’investissement, et doivent défendre ou améliorer leur compétitivité.

La consommation augmentera un peu plus rapidement en 2018 qu’en 2017 dans le sillage d'une nouvelle baisse du taux de chômage et d'une augmentation des revenus.

L'un dans l'autre, le PIB réel devrait croître de 1,8% en 2018 et devrait continuer son expansion à un bon rythme en 2019, dès lors que l’économie mondiale bénéficiera toujours d'un fort soutien.

Une tendance haussière mesurée pour l'inflation

La Suisse a tourné la page de la déflation en 2017, comme en témoigne la hausse de l’indice des prix à la consommation, qui est passé de -0,4% en 2016 à 0,5%. Cette amélioration s’explique par une augmentation des prix du pétrole, un affaiblissement du franc et un taux plus élevé d’utilisation des capacités. L’inflation devrait continuer à se raffermir en 2018 et 2019, pour atteindre 0,6% et 0,9% respectivement.

La politique monétaire restera en place, visant à maintenir « à bas niveau l’attrait des placements en francs ».

La Banque nationale suisse (BNS) souligne dans son dernier examen de la situation économique et monétaire que la surévaluation du franc s'est encore atténuée, non seulement vis-à-vis de l’euro, mais aussi dernièrement face au dollar. Elle estime que « ce développement demeure fragile » et que le franc « s’inscrit toujours à un niveau élevé ». C’est pourquoi « le taux d’intérêt négatif et la disposition de la Banque nationale à intervenir au besoin sur le marché des changes restent nécessaires ». Les dernières interventions sur le marché des changes semblent avoir eu lieu en avril, ce qui correspond au moment où le franc a commencé à s’affaiblir. La BNS indique clairement que « ces mesures maintiennent à bas niveau l’attrait des placements en francs et réduisent ainsi les pressions exercées sur cette monnaie. »

Nous continuons de penser que la politique de la BNS restera dépendante du rythme de la normalisation suivie par la BCE. L'institution de Francfort mettra fin à son programme d’achat d’actifs en septembre au plus tôt, et nous n'anticipons pas de hausse de ses taux d’intérêt en 2018. Selon nous, la BNS attendra que les investisseurs se soient habitués à des niveaux plus faibles du franc avant d’envisager de modifier ses taux d’intérêt. Par conséquent, nous prévoyons que le taux d’intérêt appliqué aux avoirs à vue détenus à la BNS reste fixé à -0,75% et que la banque laisse inchangée la marge de fluctuation du Libor à trois mois, qui demeure comprise entre -1,25% et -0,25% pour l'ensemble de l'année 2018.

Les perspectives économiques 2018 pour la Suisse sont prometteuses. La croissance du PIB réel devrait augmenter pour passer de 0,9% en 2017 à 1,8% en 2018, avant de ralentir légèrement en 2019. L’inflation devrait encore se renforcer : après avoir atteint 0,5% en 2017, elle devrait s'établir à 0,6% et 0,9% en 2018 et 2019 respectivement. La Banque nationale suisse prendra son temps pour modifier ses politiques. Nous nous attendons à ce que les taux d’intérêt restent inchangés pour l’ensemble de l’année 2018.

Découvrez l’impact de ces fondamentaux économiques sur les actifs financiers suisses.