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#Investissements — 17.08.2017

LA GEOPOLITIQUE VA SI MAL ET L’ECONOMIE SI BIEN. QUELS IMPACTS POUR LES MARCHES BOURSIERS?

Guillaume Duchesne

Trump promet « le feu et la fureur » à la Corée du Nord pendant que Kim Jong-un, multiplie les provocations. Parallèlement, les pays développés et émergents profitent actuellement d’une reprise synchronisée qui laisse augurer une croissance plus forte ces prochaines années.

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Après un fort rally en première partie d’année, les marchés boursiers pourraient souffrir d’un environnement moins porteur dans les deux mois à venir. Plusieurs facteurs pourraient en effet pénaliser les actions : des valorisations tendues, une réduction des surprises économiques positives, un rythme plus modéré des révisions bénéficiaires haussières et enfin une certaine complaisance du marché, reflétée par les spreads resserrés des obligations à haut risque et le niveau bas de la volatilité implicite.

Cette combinaison d’éléments – en place depuis plusieurs semaines maintenant – devrait théoriquement enclencher une correction des bourses. Pourtant, celles-ci restent très résilientes. L’indice MSCI Monde était encore à son plus haut niveau début août. Les investisseurs restent en effet convaincus que des opportunités subsistent, attirés notamment par la croissance solide des valeurs technologiques.

Le sentiment de marché pourrait toutefois changer avec la détérioration actuelle du contexte géopolitique. Celui-ci pourrait même devenir un prétexte pour les investisseurs à des prises de bénéfices. Nous préférons, dans ce contexte, maintenir une vue prudente sur les actions à court terme. Si une stratégie sectorielle plus défensive a actuellement tout son sens à la lumière des critères « valorisation-macro-technique », certaines thématiques conservent toujours un potentiel intéressant:

1/ La demande domestique en Europe : Le cycle économique reste(ra) favorable en Europe grâce à une bonne dynamique de demande au sein de la zone euro. Nous diversifions cependant nos positions en favorisant aussi bien des secteurs cycliques (banques, infrastructure) que défensifs (télécoms). Longtemps délaissées, les valeurs de la télécommunication profiteront d’un dividende élevé (sécurisé par une réduction des dépenses d’investissement), de revenus en progression et de valorisation attrayante.   

2/ Les valeurs liées aux matières premières. Les valeurs pétrolières jouiront de la stabilisation attendue du Brent entre 50 et 60 dollars. Un plus haut niveau de prix permettra aux sociétés liées aux matières premières de distribuer à nouveau leur dividende en cash. Elles s’échangent par ailleurs toujours à des niveaux de valorisation attrayants. Les investisseurs avec un profil de risque plus élevé pourront éventuellement diversifier leur position dans les minières, mais ces dernières restent bien plus dépendantes de la conjoncture chinoise que les valeurs pétrolières.  

 

Des stratégies sectorielles et régionales très dépendantes de l’évolution du dollar

Les marchés boursiers ont été surpris ces dernières semaines par deux évènements : la hausse de l’euro et les bonnes nouvelles économiques en provenance de Chine. Ces deux événements ont des impacts importants sur l’allocation régionale et sectorielle. D’une part, la hausse de l’euro a pénalisé les valeurs globales européennes, particulièrement sensibles aux mouvements de change. Les biens d’équipement, l’automobile et la consommation de base en ont souffert (voir notre publication récente sur le sujet)

D’autre part, les bons chiffres macro en Chine ainsi que la baisse du dollar ont donné un nouvel élan aux bourses émergentes. Un resserrement monétaire de la Fed plus graduel, une stabilisation des devises émergentes (qui offre une plus grande latitude des banques centrales locales dans leur politique monétaire) et de bons chiffres chinois (qui permettent un rebond des matières premières) sont  généralement de bonnes nouvelles pour les marchés émergents. La rentabilité des fonds propres des entreprises de la zone a par ailleurs progressé grâce à une meilleure croissance économique et à des efforts de la part des entreprises elles-mêmes.

En découlent deux questions :

1/ Faut-il revenir sur les marchés émergents ? Les marchés émergents les plus risqués (Amérique Latine, certains marchés européens) ont profité pleinement d’un regain d’intérêt pour la zone. Ils sont néanmoins à risque en cas de retournement du dollar – son rebond est attendu à court terme – et souffrent de risques spécifiques qui ne sont pas complètement pris en compte par le marché à ce jour (crédit en Turquie, politique en Amérique latine). Nous privilégions donc toujours l’Asie qui bénéficie de fondamentaux économiques et financiers plus solides. Avec moins de crédits, la Chine devrait croître à un rythme plus modéré ces prochaines années, mais les autorités chinoises s’attacheront à contrôler le potentiel d’instabilité financière (excès de dettes, risque de crédit) tout en maintenant des conditions de crédit adaptées afin de limiter le ralentissement économique.

2/ Faut-il racheter les valeurs européennes favorisées par un euro plus faible ? Avec la baisse attendue de l’euro, les valeurs globales sont susceptibles de rebondir. Nous notons toutefois qu’elles s’échangent à des niveaux de valorisation encore élevés. Excepté les constructeurs automobiles, la plupart des secteurs globaux européens ont des ratios de prix sur bénéfices bien au-dessus de leur moyenne de long-terme. Nous jugeons qu’il est encore trop tôt pour réinvestir dans cette thématique, en particulier à l’aube d’une consolidation des marchés boursiers.

En conclusion, les conditions actuelles de marché appellent à une certaine prudence. Les facteurs positifs sont bien connus et largement intégrés dans les cours. Après la forte hausse de ces derniers trimestres, les bourses ont besoin de faire une pause. Il est donc essentiel pour les investisseurs de réduire le risque et de se concentrer sur les thématiques les plus solides.