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#Investissements — 28.07.2017

L’euro s’apprécie, quels secteurs privilégier pour les marchés actions ?

Guillaume Duchesne

Valeurs domestiques européennes et diversification, les thèmes d’investissement à favoriser.

Les marchés actions européens passent d’une thématique à l’autre. Hier, les investisseurs se concentraient sur le mouvement haussier des taux d’intérêt, aujourd’hui ils se focalisent sur l’appréciation de l’euro. Le mouvement de l’euro n’est pas sans effets sur les préférences sectorielles.

Depuis fin juin, les marchés européens sont particulièrement sensibles à l’évolution des taux d’intérêt européens. La reprise économique et les possibles changements de discours de la Banque centrale européenne ont suffi à ramener rapidement les taux allemands quelques dizaines de points de base plus haut. Dans ce contexte, les valeurs bancaires ont été les principales gagnantes du mouvement (voir notre précédente publication, Hausse des taux longs ces derniers mois, quelles conséquences ?). Ces derniers jours, les investisseurs semblent pourtant se tourner vers un autre facteur-clé : le taux de change. L’euro a en effet dépassé 1,16 vis-à-vis du dollar suite à la réunion de la Banque centrale européenne du 20 juillet dernier. A ce niveau, l’euro commence à engendrer quelques inquiétudes auprès des  investisseurs. Les entreprises européennes sont largement exposées aux marchés internationaux. Un peu moins de 50% des revenus des entreprises de l’Eurostoxx ne sont pas domestiques. Une appréciation de l’euro est donc une mauvaise nouvelle pour les résultats futurs de nombreuses entreprises, soit parce que ces dernières risquent d’être moins compétitives, soit parce qu’elles peuvent être pénalisées par un taux de change moins favorable au moment du rapatriement de leurs revenus étrangers.

Dans ce contexte, le secteur de l’automobile a été durement sanctionné sur les marchés. Aux effets de change se sont ajoutés des allégations de collusion en Allemagne ainsi que des résultats bénéficiaires décevants. Statistiquement, les autres secteurs sensibles à une appréciation de l’euro sont la chimie, les soins de santé, les biens de consommation de base et les industriels. A l’inverse, les services aux collectivités, l’immobilier et les banques surperforment généralement en période de vigueur de l’euro. Les valeurs liées aux matières premières (minières et énergie) sont également favorisées.

Le thème de la reprise économique en Europe a porté les marchés boursiers locaux depuis plusieurs mois maintenant. Les actions européennes sont toujours peu chères et soutenues par un contexte politique plus clément depuis quelques mois. Aujourd’hui, les perspectives boursières restent donc toujours favorables à la zone euro, mais l’environnement actuel appelle à nuancer le positionnement en faveur de l’Europe. Si une stratégie en faveur des valeurs domestiques européennes reste pleinement pertinente, la diversification des portefeuilles autour de ce thème l’est tout autant. La reprise en Europe peut toujours être jouée au travers de valeurs pro-cycliques (financières, services aux entreprises,….).  Les banques, malgré un environnement attendu plus volatil, devraient continuer à surperformer cette année (+5% depuis le début de l’année) grâce à une amélioration progressive de la rentabilité de leurs fonds propres. Mais des valeurs domestiques plus défensives – comme les valeurs Télécoms et les services aux collectivités – offrent un moyen de diversification intéressant. Elles sont bon marché et peu exposées aux variations de change.

Les portefeuilles doivent également se construire autour d’une autre thématique d’investissement plus structurelle : la croissance séculaire . Celle-ci couvre les industries bénéficiant de marchés en croissance à long terme. Parmi elles, la technologie et les soins de santé qui pourront être favorisées, même si leur valorisation doit être surveillée.

En conclusion, le thème de la reprise en Europe reste valide sur les marchés boursiers, mais doit sans doute répondre à une plus grande diversification. Les secteurs financiers, les télécoms, ou encore quelques industries à caractère domestique (infrastructure, services aux entreprises, …) devraient bien se comporter. En revanche, les secteurs globaux – comme l’automobile ou la consommation de base – sont plus à risque. Les actions européennes conservent de plus un potentiel de progression plus importante qu’aux Etats-Unis (valorisation plus élevée).