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#Entrepreneurs — 10.03.2017

Millennials : une autre conception de l'esprit d'entreprise

L’entrepreneuriat est la pierre angulaire du capitalisme mais, en dépit des milliards de Mark Zuckerberg et du boom technologique, l’ardeur entrepreneuriale des Millennials américains semble s’estomper.

Les dizaines de jeunes millionnaires et les quelques milliardaires du digital peuvent donner l'impression que l'entrepreneuriat serait florissant parmi les « Millennials » – la génération Y. Une impression que des études récentes sont venues nuancer.

Une analyse publiée en 2016 par la Small Business Administration aux États-Unis, révèle en effet que l'esprit d'entreprise est bien moins développé chez les Millennials que parmi les autres tranches d'âge. En 2014, moins de 2 %  des représentants de cette génération Y étaient leurs propres patrons, contre 7,6 % pour la génération X et 8,3 % pour les baby-boomers. Tout en reconnaissant que le taux d'entrepreneuriat augmente avec l'âge, l'enquête montre que ce taux de croissance accuse un ralentissement chez les Millennials. À 30 ans, ils étaient moins de 4 % à travailler à leur compte, alors qu'au même âge, 5,4 % des membres de la génération X et 6,7 % des baby-boomers avaient créé leur entreprise.

« Les succès entrepreneuriaux spectaculaires de certains Millennials et la multiplication de programmes destinés à reproduire ces succès renvoient l’image d’une génération fortement engagée dans l'entrepreneuriat, indique le rapport. Nos données révèlent une toute autre réalité. »

 

Démarrer une activité parallèle

En 2011, un rapport de la fondation Kaufmann établissait cependant que 54 % des Millennials américains souhaitaient se lancer en affaires ou l'avaient déjà fait. La même année, une autre étude affirmait que 35 % d'entre eux avaient développé une activité commerciale parallèle pour améliorer leurs revenus.

« Les primo-entrepreneurs disposent aujourd'hui de bien plus de ressources qu'il y a vingt ou trente ans. Il existe davantage de mesures d'encouragement à la création d'entreprise. En conséquence, les jeunes ont moins peur de démarrer leur propre affaire », assure Scott Pecoriello qui, à vingt ans, a déjà fondé six sociétés, dont WeatherOptics, basée dans le Connecticut.

Pour chacune, il s'est généralement donné entre 12 et 18 mois avant de décider de la maintenir en activité ou pas. « J'ai beaucoup tâtonné. J'attendais de voir ce qui marchait et ce qui ne marchait pas. Je continue de penser que cela reste la meilleure façon de faire pour un entrepreneur », poursuit Pecoriello qui, étudiant à l'université du Delaware, a pris une année sabbatique pour lancer son nouveau projet : Flock, une application de partage géo-localisée de photos et de vidéos. « Quand j'avais une idée, je créais une marque, puis un site Web, et je m'y consacrais à fond. Après quoi, je regardais si elle prenait sur le marché. Certaines ont coulé, d'autres ont percé. »

Dans le cadre de son rapport « Entrepreneurs 2017 », BNP Paribas Wealth Management a interrogé 1 153 'Millennipreneurs'. Son enquête a montré qu'une forte majorité de ces jeunes entrepreneurs de moins de 35 ans (57 %) privilégie les investissements de business angel, alors que seuls 44 % de la génération X et 26 % des baby-boomers s'y intéressent. Un intérêt que confirment Scott Pecoriello et le jeune prodige mexicain des affaires Daniel Gómez Iñiguez.

Originaire de Monterrey, ce dernier n'avait que 17 ans quand il a cofondé Solben, le premier fournisseur mexicain de biodiesel. Près de dix ans plus tard, son propre fonds d'investissement est présent au sein de neuf autres sociétés. Il est convaincu que les entrepreneurs de sa génération partagent un certain nombre de caractéristiques fondamentales avec leurs aînés : « Nous avons certes appris à utiliser quelques nouvelles technologies, mais nous ressemblons beaucoup aux entrepreneurs du passé en ceci que nous avons des idées novatrices et que nous travaillons très dur pour les concrétiser, explique-t-il. Je n'ai jamais rencontré un seul entrepreneur qui n'ait pas travaillé dur et ait simplement eu de la chance. »

57%

des Millennipreneurs privilégient les Investissements de Business Angels