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#Entrepreneurs — 03.03.2017

Technologie : relier la ville et les transports

Laetitia Gazel Anthoine, PDG de Connecthings

Laetitia Gazel Anthoine, PDG de la start-up technologique française Connecthings, a l'entrepreneuriat dans le sang. Dans la seconde partie de notre entretien, elle revient sur les raisons qui l'ont poussée à créer sa propre entreprise et explique en quoi le fait d'être une femme dans un milieu traditionnellement masculin a en fait contribué au succès de son entreprise.

Connecthings est une entreprises technologique qui transforme le mobilier urbain (lampadaires, arrêts de bus, etc.) en balises sans fil pour transmettre aux usagers des informations sur des services publics tels les horaires de bus et de métro. Elle se lance aujourd'hui à la conquête du marché américain.

Depuis qu'elle a fondé sa société en 2007, Laetitia Gazel Anthoine a déployé son activité dans 60 villes européennes et cible désormais le continent américain. La société poursuit ainsi sa percée en Amérique latine par le biais de sa filiale de Barcelone et son système novateur de balises communiquant avec les smartphones est d'ores et déjà opérationnel dans plusieurs métropoles, notamment à Rio de Janeiro, au Brésil.

Laetitia Gazel Anthoine s'est elle-même installée à New York afin d'être à pied d'œuvre pour étendre les activités de son entreprises sur l'ensemble du continent américain. Pour soutenir cette initiative, elle a réalisé l'année dernière une levée de fonds de 10 millions de dollars auprès d'investisseurs.

Mariée et mère de quatre enfants, elle évoque son parcours entrepreneurial et explique comment elle parvient à concilier vie privée et vie professionnelle.

Selon le rapport « Entrepreneurs 2017 » de BNP Paribas Wealth Management, près de 70 % des créateurs d'entreprise sont issus de familles d’entrepreneurs. Est-ce votre cas ?

L.G.A. Mon père avait son propre cabinet de conseil et mon grand-père dirigeait également une société, dans un tout autre domaine. Le goût d’entreprendre est un peu une histoire de famille, effectivement.

Baigner dans un environnement entrepreneurial a-t-il été suffisant ou avez-vous bénéficié de conseils particuliers ou d'encouragements à la maison ?

Non, ma famille ne m'a jamais donné aucun conseil. Mon père est devenu consultant par la force des choses mais il n'était pas particulièrement enclin à entreprendre. Ce n'est donc pas de là que vient ma motivation. Dès le début de ma carrière – et peut-être même avant –, je tenais absolument à monter une entreprise, car je n'avais aucune envie que d'autres décident pour moi.

Pensez-vous qu'il est plus difficile d'entreprendre pour une femme que pour un homme ?

Très sincèrement, non. Il n'y a pas beaucoup de femmes entrepreneurs dans mon secteur, et cela me confère une certaine originalité, ce qui, à certains égards, m'a été très utile. Mais à partir du moment où vous avez un projet solide, que vous soyez un homme ou une femme ne fait aucune différence. C'est plutôt une question de mentalité : les femmes doivent cesser de penser que les domaines techniques ne sont pas faits pour elles.

Vous êtes mariée et avez quatre enfants. Comment gérez-vous l'équilibre vie privée-vie professionnelle ?

Le soir, je rentre très tard à la maison. Je passe en revanche tous mes week-ends en famille et je m'efforce de profiter de mes vacances en coupant totalement tout lien avec le travail. Je pense que je ne m'en tire pas trop mal, car j'ai réussi à bien cloisonner mon temps de travail et ma vie de famille. Et à la maison, personne ne s'en plaint.

Diriez-vous qu'il est plus facile qu'auparavant d'entreprendre en France ?

La France a fait des progrès considérables en la matière. Il y a maintenant beaucoup plus de structures de soutien, comme les incubateurs, qu'à l'époque où j'ai démarré Connecthings. Le métier d'entrepreneur séduit en outre bien plus de personnes qu'auparavant. Nous avons ouvert un véritable espace pour les créateurs d'entreprise, ce qui est une très bonne chose. Le marché français est bien plus réduit que le marché américain, bien entendu, et nous n'avons pas accès aux mêmes fonds en capital-risque. Cela étant, il peut être plus facile de créer sa start-up en France lorsque l'on a une famille, car l'éducation et la santé y sont tout à fait abordables et nous disposons également d'un écosystème favorable à la création d'entreprise.