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Sustainability Newsletter #77

Publiée le 21/05/2026

#Le chiffre du mois : x2

L’Europe se réchauffe deux fois plus vite que le reste du monde, d’après le dernier rapport Copernicus

L'Europe se réchauffe deux fois plus vite que la moyenne mondiale, alerte l'Institut Copernicus. En Turquie, le mercure a pour la première fois dépassé les 50 degrés l'an dernier. Plus au nord, en Norvège, nouveau record aussi : 21 jours consécutifs à 30 degrés en Juillet. Ce qui est important dans ce rapport, c'est qu'il montre que toute l'Europe est touchée par les impacts du changement climatique, pas une région n'est épargnée", affirme la climatologue Françoise Vimeux.

La conséquence de ces coups de chaud est le recul de la neige et des chiffres qui donnent le tournis. "La surface recouverte par la neige, à la fin de l'hiver 2025, est la troisième plus faible jamais mesurée, poursuit Samantha Burgess. Plus de 1,3 million de km² de moins que la moyenne. Ce manque de neige est l'équivalent de la surface de la France, de l'Italie, de l'Allemagne, de la Suisse et de l'Autriche réunies !". La mer Méditerranée quant à elle a connu sa deuxième année la plus chaude jamais enregistrée, avec une température moyenne de surface de 21,35 °C. Ce chiffre était supérieur de 1,03 °C à la moyenne, après le record de 2024 (21,50 °C). Le phénomène est désormais récurrent :"Au cours des trois dernières années (2023-2025), l'ensemble de la mer Méditerranée a subi des conditions de vague de chaleur marine au moins « fortes », et au moins la moitié du bassin a connu des conditions « sévères » ou « extrêmes ». L'intensité des vagues de chaleur marines et la superficie touchée ont toutes deux augmenté" dresse Copernicus.

L'année 2025 a été la troisième année la plus chaude jamais enregistrée dans le monde, avec 1,47 degré de plus depuis l'ère industrielle.

Sources : Copernicus, FranceInfo, Al Jazeera

Tendances et Initiatives

L’Amazonie dévoile sa première identité visuelle créée à partir des courbes de son fleuve

C’est un territoire immense, riche et multiple… mais qui n’avait jusqu’ici jamais parlé d’une seule voix. L’Amazonie brésilienne se dote aujourd’hui de sa première identité visuelle unifiée, pensée pour mieux rayonner à l’échelle nationale et internationale.

Plutôt que de concevoir un logo de manière classique, les équipes créatives ont choisi de partir du territoire lui-même. À partir de coordonnées réelles et d’images satellites, elles ont analysé les courbes du fleuve Amazone et de ses affluents. De ce travail est né un alphabet complet, dont chaque lettre a été extraite des formes naturelles des rivières. Une approche radicale qui inverse le processus habituel du design, en transformant un paysage en langage visuel.

Au-delà de l’image, cette identité vise à soutenir concrètement le développement de la région. Elle s’accompagne notamment d’un label “Feito de Amazônia”, destiné à valoriser les produits, savoir-faire et initiatives locales. Pensée comme un levier pour le tourisme mais aussi pour la bioéconomie, cette marque ambitionne de renforcer la visibilité de l’Amazonie tout en soutenant les communautés qui la font vivre. 

Source : Creapills

 

La Suisse a réduit ses émissions intérieures de gaz à effet de serre de 27% depuis 1990

En un peu plus de 30 ans, de 1990 à 2024, la Suisse a réduit ses émissions intérieures de gaz à effet de serre de 27,3%, d'après l'Office fédéral de l'environnement (OFEV). Le secteur du bâtiment enregistre la plus importante diminution, en comparaison aux autres secteurs. Au total, la Suisse a émis 40,1 millions de tonnes d’équivalents CO2 en 2024, soit environ 0,5 million de moins qu’en 2023, d'après l'inventaire suisse des gaz à effet de serre publié en Avril. L’inventaire sera remis au Secrétariat de l’ONU sur les changements climatiques.

Pour la première fois, l'inventaire prend en compte les émissions négatives produites par l’industrie. Il s'agit de 705 tonnes de CO2. Dans le cadre d'un projet de recherche de l'ETH Zurich avec la société Neustark, quelques tonnes de CO2 ont été captées pour la première fois dans une installation de biogaz et stockées durablement dans du béton recyclé, a expliqué un porte-parole de l'OFEV. La société a fourni à l'OFEV les données nécessaires à la déclaration dans l'inventaire.

La prise en compte des émissions négatives est prévue dans les rapports sur le climat des pays au titre de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) et est ouverte à tous les pays, précise l'OFEV. A ce jour et "à notre connaissance, aucun autre pays n’a déclaré d’émissions négatives dans son inventaire des gaz à effet de serre au titre de l’Accord de Paris", souligne le porte-parole.

Source : RTS

Finance durable

La Securities and Exchange Commission (SEC) américaine informe la Cour d’Appel qu'elle prévoit d'abandonner les règles de déclaration climatique

La U.S. Securities and Exchange Commission (SEC) a envoyé une lettre à la Cour d'Appel des États-Unis pour l'informer de son intention de « réexaminer » les règles de publication des informations d’ordre climatiques pour les entreprises, introduites par la Commission sous l'administration Biden. Dans ce document, la SEC a indiqué qu'elle prévoyait de réévaluer ces règles par le biais d'un processus de « réglementation avec avis et commentaires », une procédure que la Commission avait initialement tenté d'éviter en demandant au tribunal de se prononcer sur la légalité des règles, après avoir retiré sa défense contre les contestations juridiques. Le tribunal a rejeté la demande de la SEC en septembre 2025, ordonnant à la Commission soit de réexaminer la réglementation par des procédures ordinaires de réglementation, soit de renouveler sa défense des règles devant les tribunaux.

Les règles de « déclaration climatique » avaient été adoptées par l'agence en 2024, sous l'ancienne présidence de la SEC par Gary Gensler, nommé par Biden. Elles établissaient pour la première fois des exigences pour les sociétés cotées aux États-Unis afin qu'elles divulguent les risques climatiques pesant sur leurs activités, leurs plans pour y faire face, l'impact financier des événements météorologiques extrêmes, et, dans certains cas, les émissions de gaz à effet de serre provenant de leurs opérations.

Dans sa lettre adressée au tribunal, la SEC a expliqué les raisons de ce réexamen, soulignant des « préoccupations selon lesquelles les règles dépassent l'autorité statutaire de la Commission et que les coûts des règles l'emportent sur leurs avantages ». La SEC a confirmé qu'elle ne comptait pas défendre ces règles et qu'elle avait soumis une nouvelle proposition de règle intitulée « Abrogation des règles de publications liées au climat » au bureau fédéral américain de l'Information et des Affaires réglementaires.

Sources : ESG Today, Reuters

Planète et société

Un réchauffement d'un degré à l'échelle mondial entraîne une chute de 20% du PIB

Adrien Bilal est lauréat du prix du meilleur jeune économiste 2026. Ses travaux portent notamment sur l'impact économique du réchauffement climatique. Dans un article co-écrit avec Diego Känzig, il montre qu'un réchauffement d'un degré supplémentaire à l'échelle planétaire entraîne une chute de l'ordre de 20% du PIB mondial. Un résultat auquel il aboutit en s'appuyant sur les sciences du climat, et en dépassant le seul facteur de la température locale : "les sciences du climat nous expliquent que le changement climatique, c'est une transformation extrêmement profonde du système climatique. Et elle n'a pas forcément tout à voir avec le fait qu'il fasse chaud chez vous aujourd'hui. Et donc, nous avons essayé d'incorporer ces idées-là à l'analyse économique, ce qui nous a fait arriver à ce chiffre de plus de 20% de pertes de PIB par degré de réchauffement".

Au-delà de mobiliser les sciences du climat, Adrien Bilal intègre de nouveaux outils mathématiques dans la recherche économique sur le réchauffement climatique, qui était jusqu'ici assez peu mathématisée.

Sources : France Culture, The Quarterly Journal of Economics

News entreprises

Les 10 entreprises les plus influantes en durabilité en 2026

  • Des entreprises de la liste : Danone, Xylem, Veolia
  • Secteurs : Alimentation & boissons, Industrie, Gestion de l’eau
  • Notes trèfles : 5/5, 5/5, 4/5

Les rédacteurs de TIME lancent les listes TIME100 Companies: Industry Leaders, une extension du numéro TIME100 des entreprises les plus influentes qui explore en profondeur 20 secteurs pour examiner les entreprises qui façonnent leurs industries. Voici certaines des entreprises les plus influentes dans le domaine de la durabilité en 2026. Dans le top 10 des entreprises répertoriées par TIME figurent également GHGSat, une entreprise spécialisée dans la surveillance du méthane, Watershed, présentée comme un champion de la durabilité en entreprise, Blueland, impliquée dans la réduction des microplastiques, Nuton, pour un cuivre plus durable, PADI, qui transforme les plongeurs en gardiens des océans, Overstory pour une prévention innovante des feux de forêt, et Circ, spécialisée dans le recyclage textile à grande échelle.

Les vaches laitières représentent environ 8% des émissions de méthane d'origine humaine, principalement par les éructations des vaches et le fumier. « Nous avons une mission claire : fournir une alimentation saine au plus grand nombre de personnes possible », déclare Nathalie Alquier, directrice du développement durable chez Danone, le premier fabricant mondial de yaourts. En ligne avec cette mission, Danone a annoncé en 2023 réduire ses émissions de méthane de 30% d'ici 2030, et a presque atteint cet objectif à la fin de l'année dernière. Le groupe basé à Paris, présent dans plus de 120 pays, promeut la durabilité en partenariat avec ses plus de 60 000 fournisseurs laitiers à travers le monde. Par exemple, Danone a équipé 6500 petits éleveurs laitiers de biodigesteurs qui transforment les déchets d'élevage en biogaz renouvelable et en engrais organique. En 2025, Danone est devenu la plus grande entreprise certifiée B Corp au monde, et depuis cinq ans, elle obtient le score environnemental le plus élevé de CDP (Triple A), décerné à moins d'un dixième de pour cent des entreprises.

En raison d'infrastructures vieillissantes, jusqu'à 60 % de l'eau traitée peut parfois être perdue avant même d'atteindre les robinets des clients. Xylem aide les services publics à préserver cette ressource sous pression en développant des systèmes de surveillance numérique qui détectent les fuites, ainsi que des solutions pour désinfecter et réutiliser les eaux usées. Depuis 2019, l'entreprise affirme que ses projets ont permis d'économiser collectivement 3,7 milliards de mètres cubes d'eau et de réutiliser 18 milliards de mètres cubes, soit de quoi approvisionner en eau 350 millions de personnes chaque année. Récemment, les travaux de Xylem ont attiré l'attention des exploitants de centres de données. Dans le cadre de « l'objectif d'Amazon de restituer plus d'eau aux communautés qu'elle n'en utilise dans ses centres de données », en 2025, le géant technologique a contribué au financement du déploiement de la plateforme logicielle de surveillance de l'eau en temps réel de Xylem, « Xylem Vue », à Mexico et Monterrey, au Mexique. Ces projets devraient permettre d'économiser plus de 1,3 milliard de litres d'eau chaque année.

L'une des plus grandes entreprises mondiales de services liés à l'eau élimine le « forever » des « forever chemicals ». Les substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS), toxiques et liées à des cancers et autres maladies, restent dans l'environnement et peuvent s'accumuler dans le corps. En 2025, le groupe français Veolia a démontré son leadership mondial dans le traitement des PFAS en inaugurant une usine dans le Delaware qui filtre les PFAS de l'eau et les incinère pour rompre la liaison entre le fluor et le carbone, l'une des plus solides en chimie. L'usine filtre 114 millions de litres par jour, fournissant une eau potable plus propre à plus de 100 000 habitants. Désormais, l'entreprise, qui a traité plus de 7,6 milliards de mètres cubes d'eau l'année dernière, est en passe de disposer de plus de 100 sites de traitement des PFAS aux États-Unis dans les années à venir. Veolia vise désormais un chiffre d'affaires de 1 milliard d'euros d'ici 2030 grâce à l'atténuation des micropolluants.

Source : TIME

 

Les employés de Meta protestent contre la solution de suivi des souris dans les bureaux américains

  • Entreprise : Meta Inc
  • Secteur : Technology
  • Note trèfle : 1/5

Des employés de Meta ont distribué des tracts dans plusieurs bureaux aux États-Unis en mai pour protester contre l'installation récente par l'entreprise d'un logiciel de suivi des mouvements de souris sur leurs ordinateurs. Les tracts, apparus dans les salles de réunion, sur les distributeurs automatiques et au-dessus des distributeurs de papier toilette, encourageaient les employés à signer une pétition en ligne contre cette mesure.

« Si nous développons des agents pour aider les gens à accomplir des tâches quotidiennes sur ordinateur, nos modèles ont besoin d'exemples réels de la manière dont les gens les utilisent, comme les mouvements de souris, les clics sur des boutons et la navigation dans les menus déroulants », a déclaré Andy Stone, porte-parole de Meta. Les tracts et la pétition, invoquant le National Labor Relations Act américain, affirmaient : « Les travailleurs sont protégés par la loi lorsqu'ils choisissent de s'organiser pour améliorer leurs conditions de travail. »

Source : Reuters

 

Ford réutilise la capacité de ses batteries de véhicules électriques pour lancer une nouvelle activité de stockage d'énergie

  • Entreprise : Ford Motor Co
  • Secteur : Automobiles
  • Note trèfle : 4/5

Le géant automobile Ford a annoncé le lancement officiel de Ford Energy, sa nouvelle activité dédiée aux systèmes de stockage d'énergie par batteries (BESS), visant à fournir des solutions BESS pour les services publics, les centres de données et les grandes entreprises industrielles et commerciales aux États-Unis. Ce lancement fait suite aux plans annoncés par Ford l'année dernière pour créer une nouvelle unité BESS, après avoir  rationalisé ses actifs et sa feuille de route de produits liés aux véhicules électriques aux États-Unis en raison d'une demande inférieure aux prévisions. Cette nouvelle activité permet à l'entreprise de réaffecter une partie de sa capacité de production existante de batteries aux États-Unis pour répondre à la demande croissante en stockage d'énergie répartissable, stimulée par la croissance des centres de données, l'augmentation de la capacité d'énergies renouvelables et les exigences de résilience du réseau.

Les opérations de cette nouvelle unité BESS couvriront toute la gamme des activités de fabrication de cellules de batteries, de la production de bobines électriques à l'assemblage de modules et de conteneurs, en plus de fournir un soutien commercial et technique. Les systèmes BESS seront assemblés dans les installations de production de batteries reconverties de Ford à Glendale, dans le Kentucky. L'entreprise a indiqué qu'elle visait à déployer au moins 20 GWh par an grâce à cette nouvelle activité, les premières livraisons aux clients étant prévues pour fin 2027. Ford a annoncé son intention d'investir environ 2 milliards de dollars pour développer cette activité au cours des deux prochaines années.

Source : ESG Today

Etudes

Les énergies renouvelables ont produit plus d’électricité que le charbon en 2025, une première

Le rapport annuel du groupe de réflexion Ember montre que l’installation des renouvelables a permis, en 2025, de répondre à une hausse importante de la consommation d’électricité dans le monde. Pour la première fois en cent ans, la part de l’électricité mondiale produite à partir d’énergies renouvelables (34%) a dépassé, en 2025, celle produite à partir du charbon, la source d’énergie la plus émettrice de gaz à effet de serre (33%). Et pour la cinquième fois seulement depuis le début du XXIe siècle, la production d’électricité issue de l’ensemble des combustibles fossiles (charbon, pétrole et gaz) a très légèrement diminué (− 0,2%).

La septième édition de la Revue mondiale de l’électricité, publiée en avril par le groupe de réflexion Ember, basé à Londres, montre que le développement spectaculaire du solaire et de l’éolien se poursuit à l’échelle mondiale, influant sur le système énergétique. Elle est publiée alors que le secteur traverse une crise d’ampleur inédite provoquée par la guerre au Moyen-Orient, qui illustre les risques économiques et de souveraineté liés à la dépendance au pétrole et au gaz – en plus des risques climatiques.

Sources : Le Monde, Carbon Brief

Sustainability Newsletter 77