Le bilan du « S » et du « G » de la gestion ESG
#ISR — 13.04.2022

Le bilan du « S » et du « G » de la gestion ESG

ESG I BNP Paribas Wealth Management

Une sensibilisation accrue aux préoccupations environnementales et climatiques, ainsi que la reconnaissance de l’impact économique et humain de la pandémie, transforment la vocation des investisseurs. Au lieu de se concentrer uniquement sur les résultats à long terme, les investisseurs sont désormais beaucoup plus attentifs aux classes d’actifs et à la manière dont leur argent est investi.

La montée en puissance des pratiques d’investissement durables ou environnementales, sociales et de gouvernance (ESG) a fait l’objet de nombreuses discussions, mais l’accent est souvent mis sur le « E » plutôt que sur le « S » et le « G ». Pourtant, les questions sociales et de gouvernance deviennent tout aussi essentielles pour les investisseurs qui cherchent une transition « juste » vers un monde meilleur et plus durable, qui s’attaque également aux inégalités et cherche plus de justice sociale.

Ces préoccupations ne sont pas entièrement altruistes. Il existe de solides arguments économiques pour expliquer pourquoi les entreprises et les investisseurs devraient tenir compte de l’ensemble de l’environnement dans lequel ils opèrent plutôt que de se contenter de réaliser des bénéfices.

Rétablir le contrat social

La notion selon laquelle les entreprises opèrent et existent grâce à l’assentiment du public, et leur obligation de contribuer positivement à la société, existe depuis plus d’un siècle. Cette forme de contrat social remonte à la révolution industrielle, lorsque des magnats du monde des affaires tels que Andrew Carnegie et John D. Rockefeller ont fait d’importantes donations financières à des causes liées à la religion, à l’éducation et à la science.

De nos jours, le terme de responsabilité sociale des entreprises (RSE) est utilisé pour englober toutes les façons dont une entreprise peut être socialement responsable envers elle-même, ses parties prenantes et le grand public, en mesurant et en contrôlant son impact économique, social et environnemental sur la société – parfois décrits comme le « triple résultat ». Au-delà des exigences légales et réglementaires, la RSE symbolise les initiatives des entreprises qui cherchent à améliorer un certain nombre de questions sociales et environnementales.

Pourquoi la RSE est-elle importante ?

Même s’ils n’utilisent pas le terme eux-mêmes, ou même s’ils n’en ont pas conscience, de nombreux consommateurs et parties prenantes accordent désormais la priorité à la RSE lorsqu’ils choisissent une marque ou une entreprise. Les recherches indiquent que plus de 60 % des consommateurs souhaitent que les entreprises fassent avancer le changement social et environnemental, même en l’absence de réglementation gouvernementale1 . Plusieurs études ont montré que 87 % des consommateurs achèteront un produit parce que l’entreprise défend des causes qui leur tiennent à cœur, et que 76 % des consommateurs refuseront d’acheter à une entreprise qui a soutenu des causes contraires à leurs convictions2.

Les consommateurs ne sont pas les seuls à s’intéresser à la RSE, les employés aussi. Afin d’attirer les meilleurs candidats, les entreprises doivent réfléchir sérieusement à leur image et à leurs initiatives sociales et environnementales.

Parmi les entreprises qui ont récemment fait les frais de la RSE, citons des sociétés minières qui n’ont pas respecté les lieux sacrés des communautés locales, des géants des médias sociaux accusés de faire passer leurs profits avant la sécurité de leurs utilisateurs, et des marques de prêt à porter dont on a découvert qu’elles utilisaient des ateliers clandestins dans leurs processus de fabrication. Et les conséquences de ces échecs peuvent aller bien au-delà des relations publiques négatives, en ayant un impact sur la gestion et la valorisation de l’entreprise.

L’intérêt d’identifier les entreprises qui mettent en pratique les principes de la RSE.

La RSE est un aspect de l’activité sur lequel les investisseurs doivent de plus en plus se concentrer. L’incapacité à traiter de manière adéquate les questions de RSE peut devenir un risque majeur, qui pourrait faire la différence entre le succès et l’échec.

Alors que de nombreux sites Internet d’entreprises abordent les questions de RSE dans le cadre de leurs déclarations d’objectifs et de mission, l’intégration de cette thématique dans une approche plus large de la due diligence en matière d’investissement peut aider à identifier les entreprises qui passent réellement à l’acte. Il permet également aux investisseurs de vérifier que l’équipe de direction d’une entreprise reconnaît l’importance des questions non financières pour la stratégie globale et la résilience à long terme de l’entreprise.

L’impact peut se révéler positif sur le potentiel d’investissement d’une entreprise, car cela peut augmenter la probabilité d’une surperformance financière et la protéger du risque et de la volatilité. Cette protection provient en partie de l’alignement de la RSE sur les tendances d’investissement à long terme, telles que la transition énergétique, ainsi que des initiatives gouvernementales, dont celle de « mieux reconstruire », mais aussi du fait qu’elles sont moins susceptibles d’être pris dans des scandales publicitaires dommageables ou de se voir infliger des amendes pour de mauvaises pratiques.

Cependant, il existe peu de normalisation des pratiques de RSE et de la manière dont elles peuvent être évaluées par les investisseurs, qui comptent souvent sur la transparence totale des entreprises quant à leurs politiques et à leur mise en œuvre.

Les investisseurs valorisent la RSE

L’industrie financière joue également un rôle en encourageant les entreprises à adopter de solides pratiques de RSE dans le cadre de leur stratégie globale.

Qu’il s’agisse d’intégrer des objectifs de RSE dans des accords de prêt, autrement dit des prêts liés à la durabilité, qui offrent des conditions plus favorables aux entreprises qui atteignent leurs propres objectifs de durabilité. Ou encore la pratique de l’intervention auprès des entreprises (souvent de manière collective pour obtenir un plus grand impact) pour influencer et changer leur comportement et établir de meilleures pratiques, comme la fixation d’objectifs internes pour le financement des énergies renouvelables ou l’établissement d’objectifs en matière de diversité des employés et la garantie de l’accès des employés à la formation afin de leur fournir les compétences adaptées à un environnement qui évolue rapidement.

Le vote par procuration est également de plus en plus utilisé pour faire avancer les initiatives de durabilité et d’inclusion – la saison des procurations 2021 aux États-Unis a déjà établi de nouveaux records avec au moins 467 résolutions d’actionnaires sur des questions environnementales, sociales et de gouvernance (ESG)3 . Cela marque un changement significatif dans la relation entre les entreprises et les actionnaires. Il n’y a pas si longtemps, il était très rare que les actionnaires votent contre des propositions d’entreprises, mais on s’attend désormais à ce que de plus en plus de grands investisseurs institutionnels utilisent leurs votes pour influencer le changement sur des sujets tels que la rémunération, la nomination de conseils d’administration plus inclusifs, ainsi que l’approche des entreprises vis-à-vis de questions environnementales et sociales plus larges.

Mettre l’accent sur les investissements extra-financiers

Comme de nombreux secteurs, l’investissement connaît une ère de transformation. Les changements sont d’ordres multiples et incluent divers facteurs tels que les innovations technologiques, les ruptures et les réformes réglementaires.

L’une des évolutions les moins attendues a été l’abandon de la maximisation de la performance au profit d’autres considérations extra-financières, caractérisées par les lettres E, S et G. Alors que les préoccupations liées au changement climatique et à la diminution de la biodiversité ont attiré l’attention des investisseurs sur les questions environnementales, la nécessité d’aborder les questions sociales a été amplifiée par la pandémie et les préoccupations liées à l’augmentation des inégalités.

Chez BNP Paribas Asset Management, nous sommes fiers d’avoir été parmi les premiers à adopter le développement durable et nous intégrons la RSE comme l’une de nos convictions fondamentales en matière d’investissement durable. Cela signifie qu’il faut aller au-delà du simple bénévolat pour des causes au sein de la communauté locale et des dons philanthropiques (bien que ces deux éléments continuent de jouer un rôle important dans notre boîte à outils). Les engagements en matière de responsabilité économique, sociale, civique et environnementale sont intégrés à toutes nos activités commerciales afin de favoriser la mise en place de pratiques globales de durabilité.

Et en intégrant la RSE à notre approche de gestion et d’investigation, nous visons également à identifier et à investir dans les entreprises qui partagent ce point de vue et à garantir que nos portefeuilles d’investissement durable s’alignent sur les objectifs de nos clients.