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#Stratégie d'investissement — 13.05.2019

Perspectives mensuelles sur les devises

Guy Ertz

Les incertitudes politiques traînent et limitent le potentiel de rebond de l’euro

BNP paribas | Forex

Dollar américain (USD)

La paire EURUSD est redescendue en dessous de 1,12 (valeur d’un euro) après avoir franchi le seuil de 1,13 à la mi-avril. La vigueur de l'économie américaine, illustrée par des données robustes, continue de soutenir le dollar, tandis que la zone euro souffre de l'incertitude politique. Nous voyons encore 3 raisons principales pour lesquelles le dollar américain devrait s'affaiblir par rapport aux niveaux actuels : (1) le pic de l'écart de rendement obligataires, (2) la hausse de la dette et du déficit publics américains et (3)  la surévaluation du dollar par rapport à sa juste valeur. Nous voyons cependant moins de potentiel de hausse pour l'euro par rapport à notre scénario précédent. En effet, l’instabilité politique devrait peser plus longtemps que prévu sur l'Union européenne à la suite de la récente extension accordée au Royaume-Uni. De plus, le risque que les autorités américaines menacent l'Europe de tarifs automobiles après l'accord prévu avec la Chine s’est accru. Nos nouvelles cibles sont de 1,14 (en baisse par rapport à 1,16) pour la cible de trois mois et de 1,18 (en baisse par rapport à 1,22) pour celle d'un an.
 

La livre sterling (GBP)

La prorogation accordée par l'UE jusqu'au 31 octobre est suffisamment longue pour atténuer la pression exercée sur le Premier ministre May afin de parvenir à un compromis avec Jeremy Corbyn. Le résultat des pourparlers entre les parties devrait être connu à la mi-mai. Mais il y a encore peu de chances de succès. En conséquence, le Royaume-Uni participera très probablement aux élections européennes du 23 mai. Sur le plan monétaire, la BoE a laissé le taux d'intérêt inchangé et a maintenu une approche relativement prudente quant à la trajectoire appropriée des taux directeurs, laissant entendre qu'elle pourrait être dans les deux sens. Nous maintenons notre scénario central selon lequel un "no-deal" sera évité car nous pensons qu'il est probable qu'il y aura une majorité en faveur d'un Brexit avec accord. Pendant ce temps, les marchés resteront sensibles au flux d'informations, car l'incertitude persistera, ce qui devraitexercer une pression supplémentaire sur le sterling. Nous maintenons nos objectifs à 3 et 12 mois à 0,88 (valeur de 1 euro).
 

La devise japonaise (JPY)

Le yen japonais est resté contenu entre 111 et 112 (valeur d’un euro) en avril, atteignant son plus bas niveau cette année. Nous continuons d'observer une croissance négative du PIB par rapport au premier trimestre. Toutefois, comme le yen reste faible la probabilité d'un assouplissement supplémentaire est marginale. Fin avril, la BoJ a laissé le taux d'intérêt inchangé comme prévu. Le gouverneur a annoncé que les taux devraient rester "à un niveau très bas au moins jusqu'au printemps prochain". Comme le dollar devrait rester fort au cours du prochain trimestre, le yen devrait rester proche de son faible niveau actuel. Nous voyons encore un USDJPY autour de 110 à 3 mois. L'écart de rendement des obligations ne devrait pas impacter significativement la paire. D'autre part, la forte exposition au risque de change des investisseurs japonais devrait diminuer, en particulier pour les actifs américains, étant donné que l'économie américaine devrait ralentir. Cela soutiendrait le yen. Nous continuons de penser que l’USDJPY va baisser (JPY plus fort) dans 12 mois et s’échanger autour de 106.       
 

La couronne suédoise (SEK)

La couronne suédoise a continué de sous-performer. La couronne a résisté à l'instabilité politique croissante autour de Brexit avant de s'affaiblir plus récemment, la banque centrale ayant surpris par un discours plus prudent que prévu. Toutefois, la Suède bénéficie d'un contexte économique solide. Selon l'analyse technique, la baisse semble excessive. Cela suggère une appréciation par rapport à l'euro à court terme. Nous pensons toujours que l'EURSEK se négociera autour de 10,20 (valeur de 1 EUR) en 3 mois. La dernière réunion de la banque centrale a marqué un changement dans l'orientation de la politique monétaire. Les autorités monétaires ont reporté la normalisation monétaire (1) en annonçant un ralentissement du rythme de la hausse des taux et (2) en s'engageant à poursuivre l'assouplissement quantitatif sur 18 mois à partir de juillet. L'affaiblissement des pressions inflationnistes mondiales, la baisse des taux d'intérêt et les préoccupations relatives à la croissance mondiale ont poussé la banque centrale à adopter une attitude plus prudente. Toutefois, comme l'incertitude politique et les craintes économiques dans la zone euro devraient s'estomper, nous anticipons toujours un renforcement de la couronne suédoise et maintenons notre objectif sur 12 mois à 9,80.
 

La couronne norvégienne (NOK)

La couronne norvégienne a sous-performé à partir de la mi-avril, parallèlement à la baisse des prix du pétrole et au regain de l'aversion au risque. Toutefois, les chiffres de l'inflation de mars ont dépassé les attentes, passant au-dessus de la cible de 2,5 % fixée par la banque centrale et les données du PMI de mars ont également dépassé le consensus, démontrant la vigueur de l'économie norvégienne. En effet, l'indice de surprise économique tout comme les fondamentaux économiques continuent de soutenir la monnaie scandinave. Dans ce contexte, nous continuons à penser que l'EURNOK va progressivement diminuer (NOK plus fort). L’EURNOK devrait osciller autour de 9,40 (valeur de 1 euro) à 3 mois. En outre, la divergence entre la politique monétaire de la Norvège et celle de la zone euro devrait s’accentuer et soutenir la couronne norvégienne. Nous nous attendons à ce que la banque centrale poursuive le resserrement de sa politique et relève ainsi les taux cette année encore. Bien que sensible aux incertitudes politiques en Europe, l'économie norvégienne est moins vulnérable aux préoccupations commerciales mondiales actuelles. Nous maintenons notre objectif sur 12 mois à 9,10.