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#Stratégie d'investissement — 20.02.2019

Dette américaine à haut rendement : Un stress financier en moins

Edouard DESBONNETS

La récente remontée des cours du pétrole a permis à la dette à haut rendement d’amorcer un rebond, un facteur rassurant.

Dette américaine | Edouard Desbonnets BNP Paribas Wealth Management

Les écarts de rendement entre la dette à haut rendement (High Yield - HY) et la dette souveraine, communément appelé spread se sont considérablement élargis fin 2018 aux Etats-Unis, passant de 313pb à 540pb, soit une hausse de 227pb en l’espace de deux mois ! Ce mouvement traduisait le stress des investisseurs quant à un ralentissement de la croissance mondiale - le mot récession était même souvent évoqué - qui aurait alors engendré une baisse des profits des entreprises et potentiellement des faillites pour les plus fragiles d’entre elles. Les spreads se sont donc écartés car les investisseurs demandaient un surcroit de rémunération pour compenser la hausse du risque.

La perception du risque s’est améliorée depuis le début de l’année grâce au rebond des prix du pétrole et au changement de discours des banques centrales, Réserve fédérale américaine en tête. Elle qui, fin d’année dernière, souhaitait procéder à quelques hausses de taux supplémentaires, plaide dorénavant pour une pause. Le marché va même plus loin. Il n’anticipe plus aucune hausse de taux pour cette année et entrevoit le début d’une baisse de taux dès l’année prochaine. Les spreads HY se sont alors resserrés rapidement, -126pb en un mois et demi avec le retour de l’appétit pour le risque.

A l’heure où la très grande majorité les économistes des différentes institutions bancaires ou étatiques (FMI, Commission européenne) révise leurs projections de croissance à la baisse, la dette HY mérite d’être observée. Elle est un des indicateurs de stress de marché. Historiquement, un élargissement rapide des spreads HY a souvent été suivi d’une baisse des marchés actions. 

Plus précisément, nous suivons l’écart entre le spread HY US et le spread sur la dette Investment Grade (IG) américaine. Ce spread reflète davantage la perception du risque de crédit des investisseurs. Une déviation de 2 écarts type par rapport à la moyenne mobile est un signal de danger. C’était le cas en décembre dernier, mais ce n’est plus le cas depuis début janvier. La raison ? Le rebond du prix du baril de pétrole. Le pétrole culminait à 76 dollars le baril en octobre 2018 avant de s’effondrer à 43 dollars à la fin décembre sur fond de ralentissement économique. Il s’est repris depuis et cote maintenant autour des 54 dollars.

Le spread sur la dette HY américaine a commencé à se contracter quelques jours après la remontée des prix du pétrole. La relation est somme toute logique car peu ou prou 15% des émetteurs de dette HY sont des compagnies pétrolières. Il est toutefois rassurant de voir cette corrélation car elle prouve que le marché n’était pas devenu vendeur aveuglement fin d’année dernière. Il aurait été très inquiétant de voir le spread HY continuer de s’écarter en début d’année malgré la hausse des prix du pétrole. Bref, un facteur de stress financier en moins.

Edouard Desbonnets

Fixed Income Specialist
BNP Paribas Wealth Management