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#Foncier Rural — 09.08.2017

Foncier viticole en France : quel bilan pour l’année 2016 ?

Benoît LECHENAULT

Grâce à une meilleure santé économique du secteur viticole français, rares sont les appellations où le prix du foncier baisse en 2016.

Même si les prix du foncier sont plutôt stables en entrée de gamme, on assiste depuis une petite dizaine d’années à une remontée des prix moyens. Cette hausse est principalement due à l’AOP Champagne, mais aussi à d’autres bassins tels que le Bordelais (premier marché en valeur), la Bourgogne, la Vallée du Rhône et la Provence. Sur 10 ans et sur toutes les appellations, les prix progressent de 6,7 % par an. Hors Champagne, cette hausse annuelle recule à 3,8 % en moyenne. Comme en agriculture, près d’un hectare sur 3 est vendu loué et le marché des transactions représente moins de 2 % de la surface globale. Le prix moyen des vignobles s’établit autour de 140 000 Euros par hectare, mais il existe des différences notables par région et par appellation.
 

Bordeaux

Le marché du foncier viticole est très dynamique dans le Bordelais. Environ 2 % de la surface des 115 000 hectares sont vendus chaque année. Ce qui représente environ 2 500 hectares. La palette est large et ouverte à tous les profils d’acheteurs : de 15 000 Euros l’hectare pour un Bordeaux à plus de 3,3 millions d’Euros l’hectare en Pomerol. Les prix progressent dans les appellations prestigieuses. Saint Emilion à 1 500 000 Euros l’hectare est en hausse de 21,3 % par rapport à 2015. Pomerol progresse de 15,6 % en un an et détient le record de valorisation. En Saint Estèphe, les prix progressent de 10 % : il faut compter entre 732 000 Euros pour un hectare contre 663 000 Euros un an auparavant. Margaux et Saint Julien sont valorisés à plus d’un million et demi d’Euros l’hectare. Pauillac ne détient plus

le record de prix et se valorise tout de même à 2 751 000 Euros l’hectare. En bas de gamme, les appellations augmentent moins fortement. Bordeaux et Fronsac se redressent et augmentent de 5 %, après avoir perdu plus de 50 % durant les 20 dernières années.
 

Bourgogne

Le foncier viticole bourguignon est rare et très divers avec ses 101 AOC et ses 1 247 climats classés à l’UNESCO. Les précédentes grandes transactions provoquent un engouement toujours plus croissant. En appellation Village, il faudra compter entre 0,8 et 1,3 millions d’Euros par hectare, alors qu’un Premier Cru cote entre 2 et 3 millions environ pour les plus belles appellations. Quant aux Grands Crus très rares, les prix flambent. Cette tension provoque des remous sur toute la région et les viticulteurs Côte-d’Oriens prospectent les vignobles moins chers, entre 20 000 et 100 000 Euros l’hectare, de la Saône-et-Loire ou du Beaujolais. La demande s’accroît, encouragée par une pénurie dans l’approvisionnement de raisins.
 

Val de Loire

La demande est surtout locale. Les investisseurs extérieurs regardent peu cette région qui a pourtant de nombreux atouts. Le foncier viticole ne progresse pratiquement pas sur les 10 dernières années. Il faut compter 18 500 Euros par hectare pour un Anjou et 64 700 Euros par hectare pour un Saumur-Champigny.
 

Côtes du Rhône

Au nord, le marché est très étroit, les prix pratiqués en Côte-Rôtie ou Hermitage peuvent rapidement dépasser 1,2 millions d’Euros l’hectare. L’appellation Hermitage cote 1 275 000 Euros et progresse de 5 %, alors qu’en Côte-Rôtie, le prix est de 1 230 000 Euros et il progresse de 4,5 % par rapport à 2015. Plus au sud, en Côtes du Rhône méridionales, l’AOP Côte du Rhône cote 15 à 25 000 Euros l’hectare, là où un Côte du Rhône Village vaut 25 à 30 000 Euros par hectare. Les crus ont le vent en poupe et poursuivent leur bonne progression. Châteauneuf du Pape progresse de 2,5 % et est toujours en tête des appellations du secteur à 433 000 Euros par hectare.
 

Provence

Le rosé de Provence poursuit sa progression et étend sa notoriété à l’export. Les entrepreneurs de la filière viticole de Champagne, Bordeaux, Bourgogne, Côte du Rhône souhaitent élargir leur gamme avec du rosé de Provence. L’AOP Cassis, mais surtout Bandol connaissent toujours des prix soutenus. Il faut compter 162 500 Euros par hectare en Bandol (en hausse de 2,5 %) contre 144 500 Euros par hectare en Cassis. En Coteaux d’Aix, le foncier se stabilise à 45 260 Euros par hectare, alors que le Côte de Provence cote entre 50 et 60 000 Euros par hectare. En zone littorale, les prix en Côte de Provence augmentent et affichent 120 à 150 000 Euros par hectare au maximum.
 

Champagne

Le marché reste leader en valeur. Il est alimenté par des petites surfaces cédées de 15 ares en moyenne. L’offre est ainsi accessible à un grand nombre d’acheteurs restant majoritairement des viticulteurs implantés. Le prix moyen de l’hectare de vigne en AOP Champagne s’établit ainsi à 1,2 millions d’Euros environ. Il a atteint un palier en 2014 et a baissé en 2015, pour augmenter de 1,8 % en 2016. Malgré tout, le prix de la vigne en Champagne a progressé de 3,3 % annuellement depuis 10 ans. Dans le secteur très prisé de la côte des blancs, les prix oscillent entre 2 millions en moyenne à 2,2 millions d’Euros maximum.


Pour une étude approfondie du marché du vin aux Etats-Unis, lisez le rapport Agrifrance 2017